• Niu Xiaoli est une jeune femme simple, mais qui n'a pas froid aux yeux. Son père est mort lorsqu'elle était adolescente, sa mère a disparu, et il ne lui reste plus qu'un grand frère, garçon assez lâche, qu'elle veut marier à tout prix. Mais dans la campagne chinoise, les fiancées s'achètent à prix d'or et les arnaques sont monnaie courante. Et c'est par là que le scandale arrive : une fois passée la nuit de noces, la promise de son frère disparaît avec la dot. Prête à tout pour récupérer cette somme colossale et retrouver l'intrigante, Niu Xiaoli s'engage dans une traque sans merci qui la conduira bien loin de chez elle. Au cours de ses pérégrinations, elle tombera notamment dans les filets d'une maquerelle redoutable qui lui proposera un plan infaillible pour récupérer son argent : se faire passer pour vierge et appâter ainsi les hommes les plus puissants - et les plus corrompus - du pays. La roue ne tardera pas à tourner pour Niu Xiaoli, comme pour ces hommes très haut placés.
    Ce roman fort et plein d'humour se présente comme une chronique de la Chine contemporaine. Au fil des rencontres et des histoires qui s'entremêlent, Liu Zhenyun livre une réflexion savoureuse et fine sur l'individu soumis au pouvoir, et analyse sa dépendance vis-à-vis d'un système qui a remplacé l'idéologie par les avantages matériels. Dans la lignée satirique d'Érasme et Jonathan Swift, Un parfum de corruption dénonce les hypocrisies de la société chinoise d'aujourd'hui, son extraordinaire pragmatisme
    et ses inévitables dérives.

  • Qu'est-ce qui précipite Yang Baishun sur les routes du Henan, loin de chez lui? La colère qui le saisit à la révélation que son père l'a voué, lui, le plus doué de la fratrie, au petit commerce familial de tofu, tandis que ses frères sont promis à la rencontre du vaste monde.
    Qu'est-ce qui motive Niu Aiguo à s'engager à dix-huit ans dans l'armée de terre quitte à rester cantonné dans le désert de Gobi? Le désir d'apprendre à conduire, de devenir chauffeur de camion - un métier qui lui permet, rendu à la vie civile, de sillonner la Chine, à l'aventure.
    Un lien unit ces deux hommes que les époques et les lieux séparent. En un mot comme en mille se présente comme un aller et retour entre leurs histoires parallèles et pourtant différentes, à soixante ans d'intervalle. Liu Zhenyun y explore le sentiment de solitude, si difficile à supporter pour un Chinois. Car ouvrir son coeur à quelqu'un n'est pas chose aisée dans une société fondée sur des pratiques communautaires qui gomment ce sentiment universel.
    À travers une galerie de portraits, de personnages typés de la province du Henan dont on saisit peu à peu les relations et les interactions, les peines et les joies, Liu Zhenyun met en scène l'influence des mots des uns sur l'existence des autres. Au-delà de la satire, il livre une réflexion sur la vie quotidienne en Chine. Renouant avec le style des grandes fresques, il signe là l'oeuvre maîtresse de sa maturité.

  • Une jeune femme se rend chez le juge afin de demander le divorce, lequel a pourtant déjà été prononcé. Situation ubuesque, pourrait-on croire ; mais le lecteur découvrira bientôt que la vie de Li Xuelian s'empêtre dans une réalité aussi absurde que sans issue. Déterminée à lutter pour obtenir réparation de ce qu'elle a vécu comme une injustice, à faire entendre et reconnaître comme telle une parole bafouée, enfin - et surtout - à conserver sa dignité, Li Xuelian affrontera, jusqu'à Pékin et souvent vainement, tous les échelons de l'administration judiciaire et politique.

    Je ne suis pas une garce serait tragique, voire pathétique, si Liu Zhenyun ne nous livrait ici un roman déconcertant, incisif, quoique enlevé à grands traits d'humour, jusqu'à l'ultime pirouette d'un épilogue inattendu.

  • Célèbre présentateur sur une chaîne de télévision pékinoise, Yan Shouyi anime un talk-show intitulé "Appelons un chat un chat" où honnêteté et franchise sont de mise. Mais derrière le rideau, il s'enlise inexorablement dans le mensonge et la trahison. Marié à Yu Wenjuan, il la trompe en effet avec la belle Wu Yue. Or, infidélité et téléphone portable ne font pas bon ménage. Et l'inévitable finit par se produire : Yu confond le mari volage et demande le divorce. Liu Zhenyun signe ici une satire des relations humaines. Car derrière un instrument de communication a priori inoffensif se cache ce qu'il appelle une bombe à retardement. Susceptible d'exploser à tout moment, elle apparaît comme la métaphore d'une société en perte de repères où la communication, parce qu'instantanée, est biaisée, altérée. Pensé comme un outil de rapprochement, le téléphone portable finit ainsi par éloigner les gens les uns des autres. Dans un style incisif, aux phrases simples et lapidaires, l'auteur développe ses thèmes de prédilection : la parole et son rôle dans les interactions humaines, ainsi que les transformations qu'elle subit à travers la modernisation de la société.

  • « L'attitude des hommes envers un événement en détermine sa nature. Face à une petite catastrophe, la réaction de chacun est la tristesse. Quand la catastrophe atteint un certain niveau, alors le rire s'en mêle. Et l'"on est partagé entre le rire et les pleurs" pour reprendre un vieil adage bien connu. » Liu Zhenyun

  • Les épreuves

    Zhenyun Liu

    Les épreuves présente le quotidien, les motivations, les angoisses et les secrets d'une bande d'étudiants qui, dans un lycée misérable de zone rurale, tentent courageusement de rattraper leurs études interrompues par la Révolution culturelle pour réussir le gaokao, concours d'entrée à l'université, qui vient d'être rétabli.

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