• "C'est bien peu de chose que l'homme, et tout ce qui a fin est bien peu de chose. Le temps viendra où cet homme qui nous semblait si grand ne sera plus, où il sera comme l'enfant qui est encore à naître, où il ne sera rien. Si longtemps qu'on soit au monde, y serait-on mille ans, il en faut venir là."

    Une réflexion unique sur la mort et la Providence, et plus largement une méditation sur la place de l'homme et sur son empreinte dans le temps, dans l'Histoire, livrée par l'un des plus grands orateurs français.

  • Ses contemporains virent en Bossuet (1627-1704) une figure tout droit sortie des temps héroïques de l'Église, capable de conjuguer action politique, direction spirituelle, développement de la pensée et culture des arts et lettres. Si le XVIIIe siècle put se sentir écrasé par son autorité et sa stature tant morale que spirituelle, le XIXe puisa chez lui une certaine idée de la grandeur française, dont il demeure une des incarnations les plus emblématiques. Ce volume rassemble des oeuvres majeures, indisponibles depuis le XIXe siècle, de celui qui fut non seulement un grand écrivain, mais aussi un homme de grande influence auprès du pouvoir monarchique. Les Élévations sur les mystères et les Méditations sur l'Évangile manifestent une sensibilité frémissante. Dans ce commentaire de la Bible qui sollicite à chaque page le coeur et l'intelligence, l'érudition est d'autant mieux présente qu'elle reste imperceptible, entièrement coulée dans la maturité d'un vieil homme au sommet de son art. Le Carême de Saint-Germain témoigne du génie oratoire de Bossuet à travers un cycle complet de sermons prononcés devant la cour de Louis XIV . L'éloquence sacrée y revêt une signification politique évidente. Le souci de rappeler aux rois leurs devoirs se lit encore dans les Lettres à Louis XIV et les Sentences pour Mgr le Dauphin, destinées à Monseigneur dont Bossuet était le précepteur. L'Exposition de la doctrine catholique illustre la manière originale dont il s'adressa aux protestants, précurseur en cela d'un dialogue religieux fondé sur la connaissance mutuelle. Enfin, les Poésies, composées à la fin de sa vie, laissent apparaître un Bossuet intime, très différent de l'éclat coutumier de sa phrase et de ses concepts.

  • Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) n'est pas seulement le plus grand prédicateur français du XVIIe siècle, il est également l'auteur d'une foisonnante oeuvre polémique, historique, théologique et philosophique. C'est précisément à la frontière de ces différents domaines que se situe ce Traité du libre arbitre. Rédigé en 1677, alors que Bossuet est depuis sept années le précepteur du Dauphin, cet ouvrage pédagogique aborde la question du libre arbitre pour tenter de réduire l'éternelle opposition entre la liberté humaine et la Providence divine. Au cours de ce parcours métaphysique placé sous la figure tutélaire de Descartes, l'auteur dialogue avec le passé (la théologie augustinienne et thomiste) et polémique avec le présent (les philosophies «janséniste», moliniste et occasionnaliste). Mais par-delà le sujet de controverse, c'est bien l'écriture bossuétiste qui révèle ici toute sa force persuasive. L'auteur est avant tout un maître de rhétorique, qui aspire autant à convertir la raison par la démonstration qu'à gagner les coeurs par l'agrément et l'émotion. Avec Bossuet, le théologien ne réussira jamais à dissimuler l'ombre immense de l'orateur.

  • Nous mourons tous, disait cette femme
    dont l'Ecriture a loué la prudence au second livre des Rois, et
    nous allons sans cesse au tombeau, ainsi que des eaux qui se
    perdent sans retour. En effet, nous ressemblons tous à des eaux
    courantes. De quelque superbe distinction que se flattent les
    hommes, ils ont tous une même origine ; et cette origine est
    petite. Leurs années se poussent successivement comme des
    flots ; ils ne cessent de s'écouler ; tant qu'enfin,
    après avoir fait un peu plus de bruit et traversé un peu plus de
    pays les uns que les autres, ils vont tous ensemble se confondre
    dans un abîme où l'on ne reconnaît plus ni princes, ni rois, ni
    toutes ces autres qualités superbes qui distinguent les
    hommes ; de même que ces fleuves tant vantés demeurent sans
    nom et sans gloire, mêlés dans l'Océan avec les rivières les plus
    inconnues.

  • La Bible est un monde, accumulant des langues, des réécritures, des blocs sombres et massifs surgis de mains anonymes. Certaines langues, comme Luther en allemand, en ont fait un corps fixe et définitif. Augustin l'avait tenté en latin.
    Mais, comme Shakespeare ou Hlderlin, la langue française s'invente elle-même par ses traducteurs. Elle est condamnée à toujours refaire. Parfois, une traduction par quelle osmose du traducteur et du texte, pensons à Poe et Baudelaire, se fait définitive.
    Ainsi, chaque traducteur, jusqu'à André Chouraqui pour la plus récente, se confronte à nouveau aux textes de l'origine. Et chacun sait ses dettes à ceux qui l'ont précédé.
    Dans notre histoire des traductions de la Bible, je fais deux exceptions : mais alors comme des météores, des explosions les Psaumes, retraduits par Claudel dans une langue brûlante et folle, et l'Apocalypse, qui sous la main de Bossuet devient un poème en prose, lourd d'images qui se soulèvent lentement, se déploient et éclatent.
    Je relis ces deux textes régulièrement : on n'a pas tant, dans notre langue, de ces tentatives presque hallucinées qui se hissent au mystère, à la prophétie. L'Apocalypse, traduite par Bossuet, ce n'est pas une version historique du grand texte mystique, c'est l'Apocalypse tout entière, dans un sortir de pluie, encore toute trempée de glaise, dans l'élan lyrique qui l'a construite. C'est une jeunesse de langue, c'est l'Apocalypse définitive, c'est l'Apocalyse poème qui nous porte tous dans les abîmes du présent.
    Jean, l'exilé, dans un empire romain multipliant les persécutions à l'encontre de ses co-religionnaires, reprend les images et le flambeau des vieux prophètes, et l'amplifie encore. Voilà les cavaliers, l'hydre et les serpents, voilà la prostituée, les avertissements, les châtiments, les promesses et enfin la ville qu'on reconstruit, où plus jamais besoin de fermer les portes.
    Tout est brûlant, acéré, multiplié. C'est ce que Bossuet assume, depuis le vieux grec, en amont de la vulgate latine, pour en retrouver l'épaisseur, l'abrupt.
    Mais Bossuet bâtit une autre fondation souterraine : l'Apocalypse est un poème d'à peine une centaine de pages (mais quelles pagesà. Ici, à vous de les lire ou pas, en voilà 450. Tout est commenté, mis en regard des textes des vieux prophètes, mais surtout de l'histoire de son église romaine, dans le contexte d'opposition protestante, et de l'histoire romaine.
    Et là, c'est presque un roman que construit cette galaxie de textes, incluant un abrégé de l'histoire romaine, et une explication générale de ce que, lui Bossuet, lit dans l'Apocalypse et une quasi enquête biographique sur Jean de Patmos, écrivain, visionnaire.
    Par rapport à l'édition originale, nous prenons la liberté d'un renversement : le livre original inclut à sa fin un "résumé" de la construction et des enjeux de l'Apocalypse. Un texte de Bossuet dur et dense. On le place ici en avant-lecture, pour y introduire, pour manifester la construction, l'architecture. Chacun des XXI chapitres, avertissements, prophéties, promesses, est suivi d'une "explication" séparée, reprenant les images du texte, ils constituent autant d'exégéses séparées. On donne enfin en appendice cet Abrégé de l'histoire romaine que Bossuet rédige pour accompagner sa traduction, et la longue préface originale, centrée sur les enjeux théologiques. N'hésitez pas cependant à vous rendre directement dans le corps même du poème : avec le numérique, tout es possible, dans ce qui est un des plus grands poèmes prophétiques de notre vieille civilisation, et en fait ici l'ébranlement de notre langue moderne.

    FB


  • Et nunc Reges, intelligite ; erudimini qui judicatis terram.
    Psal. 2.Maintenant, ô Rois, apprenez ; instruisez-vous, Juges de la Terre.MONSEIGNEUR,CELUI qui regne dans les Cieux, et de qui relevent tous les Empires, à qui seul. appartient la gloire, la Majesté, et l'indépendance, est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux Rois, et de leur donner, quand il lui plaît, de grandes et de terribles leçons.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • «Le Sac de Rome» : Le terrible, l'affreux cinquième siècle ! Dès sa première décade, le sac de Rome par les Barbares l'avait marqué d'une empreinte indélibile. Bien d'autres calamités viendront l'accabler encore par la suite. Aucune ne sera ressentie si douloureusement par les contemporains et par la postérité. De ce drame, un des plus déchirants que l'humanité eût à subir au cours de son existence, l'éminent historien André Piganiol, grand maître des études romaines, donne dans ce livre une magistrale vue d'ensemble, qui éclaire d'un jour nouveau certains aspects peu ou mal connus de cet événement tragique. Un dossier de textes, d'une richesse exceptionnelle a été constitué pour lui faire suite. Les anciens : saint Léon le Grand, saint Augustin, saint Ambroise, saint Jérôme, Prudence, Claudien, Orose, Lactance, Ammien Marcellin, Zosime, Procope, Sozomène, y voisinent avec les modernes : Bossuet, Gibbon, Voltaire, Chateaubriand, Guizot, tant d'autres encore...

  • This book provides a comprehensive and up-to-date guide to the design of security-hardened, hardware intellectual property (IP). Readers will learn how IP can be threatened, as well as protected, by using means such as hardware obfuscation/camouflaging, watermarking, fingerprinting (PUF), functional locking, remote activation, hidden transmission of data, hardware Trojan detection, protection against hardware Trojan, use of secure element, ultra-lightweight cryptography, and digital rights management. This book serves as a single-source reference to design space exploration of hardware security and IP protection.

  • En 1659, dans son fameux sermon sur l'éminente dignité des pauvres, Bossuet (1627-1704) exprime avec vigueur une conception subversive de « l'étrange inégalité » qui règne en ce monde. Les riches « s'imaginent que tout leur est dû » et « foulent aux pieds les pauvres. » Mais qu'ils prennent garde : « Si vous ne portez le fardeau des pauvres, le poids de vos richesses mal dispensées vous fera tomber dans l'abîme ».  Sans égalisation des charges, il n'y a pas de communauté entre les hommes. À rebours de ceux qui prêchent aujourd'hui l'abolition de l'État providence, la lecture de Bossuet nous incite à le repenser.
    AS
     

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