• Comment, lorsqu'on est une femme seule, travailleuse avec une vision morale de l'existence... qu'on a trimé toute sa vie pour garder la tête hors de l'eau tout en élevant ses enfants... qu'on a servi la justice sans faillir, traduisant des milliers d'heures d'écoutes téléphoniques avec un statut de travailleur au noir... on en arrive à franchir la ligne jaune ? Rien de plus simple, on détourne une montagne de cannabis d'un Go Fast et on le fait l'âme légère, en ne ressentant ni culpabilité ni effroi, mais plutôt... disons... un détachement joyeux. Et on devient la Daronne.

  • Agla travaille dans la finance, accusée d'évasion de capitaux, elle a été emprisonnée et se languit d'amour pour Sonia qui l'a abandonnée. À bout, elle tente de se suicider.
    C'est le moment que choisit un industriel qui connaît son habileté et son flair pour lui proposer une enquête sur le stockage de l'aluminium. Agla ne peut pas résister au challenge et choisit Maria, journaliste d'investigation complexée qui est à l'origine de sa propre condamnation, pour aller sur le terrain.
    Apparaît alors dans la cellule voisine une très jeune femme qui sort de désintoxication et essaye d'attirer son attention.
    Pendant ce temps un adolescent amoureux prépare une action d'éclat pour séduire sa petite amie. Il est aussi le fils d'un homme d'affaires mafieux ennemi intime d'Agla.
    En un tour de main, sur un rythme déconcertant et séduisant, Lilja Sigurdardóttir nous initie aux trafics des matières premières et aux dessous du transport de la drogue en Islande, nous fait assister à la naissance improbable d'une histoire d'amour et nous prouve qu'une femme sexy et sûre de son intelligence retombe toujours sur ses pieds. Un grand feu d'artifice habile et intelligent.

  • Un vieil homme se fait tabasser et voler son portefeuille par un groupe de petits voyous mais il récupère vite son bien, arme à la main...

    Quand il chuchote à l'oreille du voleur son nom, le gamin se met à trembler. Il pourrait le laisser partir ce serait plus sage, mais il pense : "Et depuis quand avons-nous été sages ?"
    Après avoir tué le petit voleur il hurle : "J'étais avec le Libanais !"
    Le Libanais, le Froid, le Dandy le Buffle, Patrizia... une bande de petits voyous a fait main basse sur Rome, entre la fin des années 70 et celle des années 90. Voici l'histoire authentique de la "bande de la Magliana", qui a mis la capitale en coupe réglée.
    Toute l'histoire souterraine de l'Italie de ces années récentes (loge P2, terrorisme noir assassinat dAldo Moro, politiciens et policiers corrompus, services secrets...) défile ainsi sous nos yeux, sans que jamais Giancarlo De Cataldo renonce aux moyens de ta littérature : avec une écriture jubilatoire il alterne les scènes de roman noir et les tableaux de moeurs, la bouffonnerie et le drame.
    Il crée des personnages forts et originaux, notamment de magnifiques figures de femme.

    Ce roman épique d'une incroyable puissance a été unanimement salué par la presse italienne avant d'être adapté au cinéma par Michele Placido.

    Giancarlo De Cataldo, magistrat à la cour de Rome, est l'un des écrivains de roman noir les plus importants d'Italie, devenu aussi une grande signature de la presse et un homme de télévision apprécié.
    Il est l'auteur de Romanzo criminale, La saison des massacres, La forme de la peur, Le Père et l'étranger et Les Traîtres.

  • Carlo Bonini et Giancarlo De Cataldo poursuivent le bouillonnant feuilleton sur les dessous de Rome : Samouraï, le chef des mafias de la capitale, est en prison, peut-être pour toujours. Sebastiano, son représentant, tente de maintenir son emprise sur les différentes bandes, Siciliens, Calabrais, Napolitains et Gitans, qui mettent la ville en coupe réglée. L'annonce par le pape François d'un nouveau Jubilé qui va attirer des millions de pèlerins et relancer des travaux publics aiguise les appétits et Fabio, l'étoile montante du trafic de drogue, commence à remettre en cause la suprématie des chefs du moment. Martin Giardino, le nouveau maire de Rome, veut quant à lui nettoyer les écuries d'Augias. Les coups bas et les violences des truands sont peu de choses à côté des manigances à l'oeuvre dans les coulisses du Capitole, où sévissent les vieux ripoux représentant les intérêts des constructeurs. Coincé entre des politiciens honnêtes et des mafieux turbulents, Sebastiano déclenche une opération d'obstruction apocalyptique, et bientôt Rome brûle ! Un récit qui opère aujourd'hui quasiment en temps réel (quiconque suit l'actualité de la capitale italienne reconnaîtra sans mal la plupart des protagonistes), et que les auteurs réussissent par leur talent à transformer en oeuvre d'art. « Une fable noire sans pitié dont on voudrait se réveiller comme d'un cauchemar. Mais, souvent, la réalité dépasse la fiction. » M. Serri, La Stampa


  • Si une des grandes questions de la littérature est comment "tuer" le père, que faire quand son propre père a été le bras droit de l'un des plus grands assassins du pays ?

    Larry arrive à Medellín douze ans après la disparition de son père, un mafieux proche de Pablo Escobar. À son arrivée, ce n'est pas sa mère, l'ex-Miss Medellín, qui l'attend, mais Pedro, son ami d'enfance, qui vient le chercher pour le plonger dans l'Alborada, une fête populaire de pétards, de feux d'artifice et d'alcool où tous perdent la tête. Larry retrouve son passé familial et une ville encore marquée par l'époque la plus sombre de l'histoire du pays. Il ne pense qu'à fuir son enfance étrange liée au monde de la drogue.
    Mais il cherche aussi une jeune fille en pleurs rencontrée dans l'avion et dont il est tombé amoureux.
    Entrecroisant des plans différents, Jorge Franco, étonnant de maîtrise narrative, fait le portrait de la génération des enfants du narcotrafic, qui sont de fait les victimes de leurs pères, et nous interroge sur l'importance de la mémoire pour que l'histoire ne se répète pas.

    Une construction impeccable et des personnages ambigus et captivants : un roman qui ne vous laisse aucune trêve et qu'on dévore, fasciné.

  • Samouraï, ex-leader fasciste devenu gangster, est sur le point de réaliser le couronnement de sa carrière criminelle : piloter en sous-main un gigantesque projet immobilier prévoyant la bétonisation du territoire, du bord de mer jusqu'à la capitale. Pour cela, il lui faut maintenir à tout prix la paix entre les différentes mafias qu'il fédère : Calabrais, Napolitains, Gitans... Il s'appuie aussi sur les réseaux de Malgradi, politicien priapique et véreux. Mais une nuit de débauche tourne mal, et la pagaille et les règlements de comptes s'installent. Samouraï voit se dresser contre lui un ex-disciple, Marco Malatesta, désormais à la tête d'une unité d'élite de carabiniers. À ses côtés Michelangelo, procureur pianiste de jazz, et trois femmes, Alba, collègue et ex-petite amie, Alice, son nouvel amour, blogueuse altermondialiste, et Sabrina, ex-pute, incarnation du bon sens populaire au pays de la gauche caviar médiatique. Des salons chics aux gigantesques night-clubs de la périphérie où l'on mange, se drogue, tue et se prostitue avec une monstrueuse vitalité, De Cataldo et Bonini racontent les coulisses criminelles de Rome. Dans ce récit dont l'actualité a mis en évidence la véracité documentaire jusque dans les moindres détails, De Cataldo démontre une fois encore qu'il a su tirer le meilleur parti des influences qu'il revendique, de Balzac à Ellroy en passant par Tarantino. Ce roman a été adapté au cinéma par Stefano Sollima (Gomorra et Romanzo Criminale tv).


  • 1969. Glasgow.

    Trois jeunes femmes sont allées danser dans un dancing populaire, elles y ont rencontré un garçon que leurs amies décrivent comme bien de sa personne et correct, elles ont été très discrètes sur cette relation, puis on a retrouvé leurs cadavres sur des terrains vagues, elles ont été violées et étranglées avec leurs bas.
    Les recherches piétinent, les policiers de la criminelle sont à cran, ils se perdent dans les détails. L'inspecteur principal Duncan McCormack est appelé pour auditer la désastreuse enquête, ce qui a le don d'irriter les membres de l'équipe qui ont déjà dû essuyer les railleries de la presse pour leur tentative vaine d'attraper le tueur en se mêlant à la foule des danseurs.
    Parallèlement on suit Alex Patton, un perceur de coffres-forts venu de Londres pour cambrioler une salle des ventes dans sa ville natale et dont l'histoire croise celle du tueur à mesure que l'intrigue se noue et que McCormack est impliqué dans les deux affaires.
    L'auteur dresse un portrait vivant d'un quartier lugubre en pleine démolition, un témoignage sur l'état de la police de Glasgow et ses préjugés, à l'apogée du règne de la mafia locale, tout en menant une intrigue policière solide, tenue par des personnages inoubliables. Il donne alternativement la parole aux victimes et aux enquêteurs.
    Liam McIlvanney s'inspire d'un fait divers pour nous raconter la ville et sa police dans les années 60, au moment où un tueur en série, qu'on n'a toujours pas retrouvé, a violé et étranglé trois jeunes femmes rencontrées dans un dancing.


  • Une femme, médecin sans histoire, est retrouvée noyée près de Saint-Nazaire.

    La jeune journaliste locale ne croit pas à la thèse du suicide et remonte le fil : elle découvre l'horreur de la dictature argentine, et un étrange échange de mails entre un jeune homme en colère et une femme qui a bien connu cette période.
    Parallèlement, une mère raconte à son fils pourquoi il a dû grandir sans elle. Perdue dans les marécages de la dictature militaire, cette militante révolutionnaire a échangé sa liberté contre la vie de son enfant et accepté de collaborer avec la dictature, en particulier au Centre pilote de Paris. Traître aux yeux de tous, avec la survie pour seul objectif, elle va disparaître.
    Elsa Osorio construit un kaléidoscope vertigineux et bouleversant.
    Les péripéties s'enchaînent, haletantes : tortionnaires mafieux, violence, passion amoureuse, habileté à jouer avec les identités clandestines, dans un intense suspense psychologique.

    L'auteur de Luz ou le temps sauvage atteint ici le sommet de son art de romancière profonde et habile.

  • Arianna, belle femme-enfant, est l'épouse de Giulio, qui est riche, plus âgé qu'elle, très amoureux et impuissant. Pour leur plus grande satisfaction à tous deux, il lui organise, sur une plage gérée par un mafieux, des rencontres avec des play-boys qu'elle choisit. Seule et impérative condition : chaque partenaire ne doit lui servir que deux fois. Mais un jour elle jette son dévolu sur Mario, un tout jeune homme qui s'éprend d'elle et exige de la revoir. La transgression du tabou va gripper la machine irrémédiablement et, tandis que nous découvrons le passé très étrange d'Arianna, la catastrophe approche. Quelque part entre Bret Easton Ellis et Simenon, sur un territoire bien éloigné des truculences siciliennes, Camilleri explore la zone grise des dérèglements mentaux dans la banalité de la vie et nous surprend une fois encore par l'étendue de son talent. Et confirme s'il en était besoin qu'il n'est pas seulement un grand écrivain de romans noirs, mais un grand écrivain tout court

  • Le Sicilien

    Carl Pineau

    Prix du Polar découverte Les Petits mots des libraires

    Nantes, 1995. Une jeune albanaise est assassinée dans des conditions particulièrement sauvages. Dario, gérant de discothèque, fait figure de principal suspect, comment ne pas l'être, on a retrouvé le cadavre dans son coffre !
    Greg Brandt, policier expérimenté, est chargé de l'enquête, et dresse une liste bien plus étoffée de coupables potentiels, au premier rang de laquelle on trouve quelques mafieux, fraîchement débarqués d'Europe de l'Est, des notables, des truands locaux...
    Un cadavre, un coupable idéal, des mafieux aux méthodes plutôt violentes, un avocat aux curieuses fréquentations, des jeunes femmes exploitées, des truands russes... Rien ne va plus dans le pays nantais.
    Le Sicilien est le deuxième opus des Nuits nantaises. Cette trilogie est constituée d'intrigues policières autonomes qui proposent une photo de notre société et de la délinquance sur les décennies 80, 90 et 2000.

    Un personnage récurrent : l'inspecteur Greg Brandt.

  • Les traîtres

    Giancarlo De Cataldo

    1844 : dans la péninsule italienne partagée entre le royaume de Sardaigne et du Piémont, les provinces du Nord aux mains des Autrichiens, le centre occupé par les États du pape et le Sud, Sicile comprise, sous la férule réactionnaire des Bourbons de Naples, un désir d'unification et de démocratie monte de toute la société. Cette année-là, en Calabre, une expédition de partisans se heurte à l'indifférence des paysans qu'ils voulaient soulever, à la répression bourbonienne et à la trahison du bandit Calabrotto.
    Le jeune Lorenzo di Vallelaura, noble vénitien déserteur de l'armée autrichienne, arrache au bûcher Striga, une sorcière muette, génie des nombres qui sera pour toujours son ombre bienfaisante. Face au peloton d'exécution, Lorenzo accepte de devenir un traître à la solde de l'Empire austro-hongrois.
    Plus tard, à Londres, placé auprès de Mazzini, l'un des trois futurs pères de la patrie italienne, il sera mêlé à un demi-siècle d'intrigues entre puissances européennes, marqué par des attentats, des complots et des soulèvements aux quatre coins de la Botte.
    Face à lui, Von Aschenbach, chef des services secrets autrichiens, homosexuel tourmenté, et son homologue piémontais Vittorelli, cynique pourtant fasciné par l'autre grande figure du Risorgimento, Cavour.
    Autour de lui, Striga, qu'il retrouve aux côtés de Terra di Nessuno, l'héroïque guerrier sarde, et toute une société londonienne extravagante et géniale, le peintre Rossetti, l'aristocrate exténué Chatam et la très belle et très désirée lady Cosgrave, ardente adepte de la Cause. Le chemin de Lorenzo et des autres croisera aussi bien celui de Garibaldi que ceux de mafieux, de camorristes, de bandits anglais et de terroristes français.
    Tandis que dans les coulisses agissent Karl Marx, Victor Emmanuel II ou Napoléon III, nous sommes transportés de révolutions en réceptions somptueuses, de tavernes milanaises en sordides prisons napolitaines, des rues de Palerme en flammes aux chais du marsala, des bordels anglais aux ghettos de Rome et aux laboratoires où s'inventent les premières machines à calculer.
    Faisant ici montre d'une puissance créatrice qui le porte encore plus loin que son chef-d'oeuvre Romanzo criminale, Giancarlo De Cataldo brasse les langues, les dialectes, les saveurs, les légendes et les chansons pour nous restituer horreurs et splendeurs d'une époque encore en résonnance profonde avec la nôtre.
    Maniant l'ironie de l'essayiste et la science du feuilletoniste, il sait nous attacher aux destins individuels d'une nuée de personnages, historiques ou romanesques, à leurs ambiguïtés, leurs vilénies et leurs grandeurs, jusqu'à leurs fins amères, absurdes ou apaisées.
    À travers eux, nous assistons à la naissance de cette grande nation moderne, l'Italie, accouchée par les complots de politiciens, de terroristes et de mafieux.

  • Le plus grand roman sur la mafia depuis Le Parrain de Mario Puzzo.

    Au XXIe siècle, la Sicile n'est plus le berceau des familles, c'est Odessa. Et le jeu et la drogue ne sont plus les piliers du crime. Le plus rentable aujourd'hui, ce sont les humains, en entier comme en morceaux.
    C'est une histoire de coïncidences. L'histoire de trois Peter Henry Hightower.
    Le premier est né au début du XXe siècle. Il s'appelait Petro Garko quand il était un petit immigré ukrainien orphelin de père, élevé dans les quartiers pauvres et industriels de Cleveland. Puis Peter Ukulélé, à la fin de l'adolescence, quand il a choisi la carrière de bootlegger et de commis de la mafia russe. Enfin, Peter Henry Hightower, quand il a fallu blanchir la colossale fortune qu'il avait amassée à coup d'assassinats et d'extorsions, ou en infiltrant les fortunes de Cleveland, qu'elles soient du côté de la légalité ou non.
    Le deuxième, surnommé Petey, est l'un de ses petits-fils, une "tête de con" selon sa famille. Une petite frappe qui veut se faire plus grosse que le boeuf et s'embarque dans un réseau du crime international, plus connecté, terrifiant et efficace que jamais.
    Le troisième, surnommé Pete, est le cousin du précédent. Il n'a pas hérité du gène criminel, grâce à son père qui l'a conçu en Afrique et exfiltré depuis toujours du clan Hightower, dont la puissance repose encore sur des dizaines de cadavres. Pete ne sait rien des siens.
    Quel hasard lui vaut de porter le même nom que celui de son imbécile de cousin et d'être pris pour lui ?

    À moins que le hasard n'ait pas sa place ici et qu'il s'agisse d'une dette que la famille Hightower doit payer aux cadavres qu'elle laisse derrière elle. Ou d'une morale fondée sur l'impossibilité de se soustraire aux liens du sang, celui qui court dans nos veines et celui qui a coulé sur l'asphalte.

  • La ville de Cuernavaca est une poudrière dont tous les niveaux ont été infiltrés par les narcotrafiquants. La vie quotidienne est ponctuée par les échanges de coups de feu, la découverte de cadavres décapités, les cartels se disputent la place. Comment un homme disposé à défendre ses convictions jusqu'au bout, à mettre en pratique ses idéaux de légalité et de justice, peut-il se battre sur ce terrain miné ? Jesús a su, malgré la corruption ambiante, se tenir à l'écart des factions qui utilisent le pouvoir à des fins personnelles. Et il pense qu'il peut accéder à la mairie. Il va se retrouver dos au mur, pris entre les pouvoirs institutionnels et le crime organisé : menaces de mort, tentatives de corruption, scandales médiatiques, enlèvements, vengeances sanglantes... Mais dans le même temps il découvre l'amour de sa vie, un amour interdit et scandaleux, fatal pour la réputation d'un homme politique. Avec un humour ravageur, cruel comme la réalité qu'il décrit avec un incroyable sens du suspense, Enrique Serna écrit un roman d'amour fou où la morale des apparences s'effondre devant l'ouragan de la passion.

  • L'Arménien

    Carl Pineau

    Nantes, 22 décembre 1989. Le cadavre de Luc Kazian, dit l'Arménien, est retrouvé à demi calciné. Qui a commis cet assassinat ? Et qui était vraiment l'Arménien ? Un trafiquant de cocaïne, comme le pense l'inspecteur Brandt, un pote parfait pour écumer les bars et draguer les filles, comme le voit Bertrand son premier et peut-être unique ami, ou bien encore un orphelin perturbé, comme le décrit la psychiatre qui le suivait depuis 20 ans ?
    L'Arménien est le premier opus de la trilogie Nuits nantaises. Dans les deux épisodes suivants, Le Sicilien, paru en juin 2019, et Le Nantais, à paraître en 2020, l'auteur nous balade dans les années 90 puis dans les années 2000. Carl Pineau réveille avec brio l'esprit et l'ambiance de ces trois si curieuses décennies. La nostalgie est toujours ce qu'elle était, et tant mieux !
    Le Sicilien est le deuxième opus des Nuits nantaises, trilogie constituée d'intrigues policières, indépendantes les unes des autres, racontant les décennies 80, 90 et 2000. On y retrouve un personnage récurrent, Greg Brandt, un policier sacrément attachant. Découvrez sa deuxième enquête en lisant Le Sicilien.


  • Alors que les juges Falcone et Borsellino viennent d'être assassinés en Sicile, le commissaire Scialoja renoue avec l'amour de sa vie, Patrizia, l'ex-prostituée.

    Scialoja a succédé au Vieux à la tête d'une structure secrète, jamais nommée et toujours redoutée parce qu'elle possède des archives sur les manoeuvres occultes et criminelles de certains dirigeants italiens depuis cinquante ans. Il entame des négociations avec la mafia pour éviter des attentats-massacres.
    Mais Stalin Rossetti, ancien des réseaux anticommunistes reconverti dans le trafic de drogue, a ranimé un réseau para-étatique né de la guerre froide pour le contrecarrer.
    Et tandis qu'Angelino Lo Mastro, étoile montante de la mafia, rêve de jouer son propre jeu aux dépens des vieux boss ; que Pino Marino, l'impitoyable tueur, tente d'arracher Valeria à la drogue ; que Maya, héritière d'un empire économique, découvre les compromissions mafieuses de son époux ; tandis que les juges de Milan entament l'opération Mains propres et que Berlusconi annonce son entrée en politique, de puissants explosifs déguisés en tommes de Parmesan arrivent dans la péninsule...

    Giancarlo De Cataldo nous livre ici une nouvelle tranche de l'histoire secrète de l'Italie contemporaine qui fait penser autant à Balzac qu'à Ellroy, et donne aux attentats qui ensanglantèrent le pays en 1992-1993 des coulisses d'une effrayante vraisemblance.

    Giancarlo De Cataldo, magistrat à la cour de Rome, est l'un des écrivains de roman noir les plus importants d'Italie, devenu aussi une grande signature de la presse et un homme de télévision apprécié.
    Il est l'auteur de Romanzo criminale, La saison des massacres, La forme de la peur, Le Père et l'étranger et Les Traîtres.

  • Ça commence par une scène terrifiante de roman noir, quelque part dans les Marais Pontins, ça se poursuit par un bref essai sur les limites de la prostitution et le rapport au corps des jeunes femmes de l'époque berlusconienne, puis on passe à la chronique de moeurs ironique chez les "people" italiens.
    C'est dans ce milieu à la fois puissant et dérisoire que se déroulent les bizarres manoeuvres d'approche d'un spéculateur financier de haut vol à l'égard du narrateur.
    Jouant sur tous les registres, Walter Siti, l'un des plus grands auteurs italiens vivants, nous attache aux destins croisés d'un fils du petit peuple romain, obèse dans son adolescence, génie des mathématiques, devenu "bankster" milliardaire, et d'une mannequin qui gère avec maestria le capital de son corps pour protéger son âme. S'appuyant sur une connaissance approfondie aussi bien des mécanismes et du jargon de l'économie numérisée que sur une intime pratique du parler populaire romain, l'auteur nous fait découvrir comment la fameuse zone grise entre les mafias et la haute finance tend à devenir de fait la finance tout court. A travers une galerie de personnages complexes et attachants - dont l'auteur lui-même - nous sommes transportés au coeur de ces guerres quotidiennes qui nous concernent tous, dont les champs de bataille sont le sexe et l'argent.
    Résister ne sert à rien a obtenu à une écrasante majorité le Premio Strega, plus important prix littéraire attribué en Italie.


  • La vie est un match de boxe, tendance lucha libre.
    À Caracas aujourd'hui il faut aussi survivre aux balles perdues et aux pénuries chroniques.

    Donizetti, fonctionnaire ordinaire, bonhomme et maladroit, chargé de convoyer de mystérieuses valises à travers le monde, veut juste gagner de quoi faire vivre ses deux familles, dont un fils taiseux et une ex-femme qui fait des fleurs en porcelaine.
    Mais à force de prendre des coups sans trop savoir d'où ils viennent, on finit par s'énerver.
    Avec Manuel, ami d'enfance, fan de boxe, qui survit en travaillant dans le magasin de chaussures de ses parents, ils vont tenter de prendre une revanche éclatante et définitive sur tous les profiteurs corrompus, les espions cubains et les mafias russes, la seule façon, peut-être, de survivre au marasme.
    Oscillant sans cesse entre le roman noir et l'épopée kafkaïenne, Méndez Guédez nous plonge avec ses deux losers magnifiques dans un monde où la réalité est toujours plus délirante que n'importe quelle fiction. C'est drôle, tragique, et terriblement littéraire.

  • Peut-on gagner sa vie sans être mafieux quand on naît dans les quartiers populaires de Naples ? Gennaro, 21 ans, le voudrait bien. Mais le voilà convoqué par Don Rafele, le parrain du quartier ? et pas seulement du quartier, comme le garçon va le découvrir. Placé sous la surveillance de Paolino, l'effroyable colosse aux baroques pulsions, il connaîtra de près, dans leurs hideux détails, les trafics mondiaux de drogues, d'armes, d'êtres humains. Sa route croise celle d'agitateurs camorristes au service du maire, d'une tribu africaine avec son roi et son lion régnant sur les souterrains de la ville, d'une putain sud-américaine miraculeusement pure, d'une mère écrasée par l'élimination de son jeune enfant qui a vu ce qu'il ne devait pas voir. Gennaro se détache de sa femme et de ses deux enfants, et quand éclate la guerre des clans le gamin des rues, l'as des virées en scooter, se transforme. Servi par la riche et savoureuse langue du petit peuple napolitain, ce récit nous plonge dans les entrailles noires du Système planétaire, avant de nous amener sur les toits d'une des plus belles cités du monde, d'où Gennaro verra poindre la possibilité de la rédemption.

  • Prison de Blackwell's Island, New York, 1909.

    Au fond d'une cellule du quartier des condamnés à mort croupit Luigi Monti, immigré sicilien devenu l'exécuteur des basses oeuvres de la Mafia, une organisation criminelle dont les autorités américaines ne savent encore presque rien.
    Arrêté alors qu'il s'attardait à lire les ouvrages occultes conservés dans la bibliothèque de sa dernière victime, Monti demeure un mystère pour ses geôliers. Taciturne, fort et violent, nul ne connaît sa véritable histoire. Nul. surtout, ne peut deviner ce que réserve l'avenir à cet homme hors du commun...
    Troisième personnage destiné à chasser Dalibor et Laüme Galjero, Luigi Monti est celui par qui les plus sombres mystères vont enfin être percés à jour. Des collines de Sicile aux gratte-ciel du New York des Roaring Twenties ; de Buenos Aires aux quais d'Istanbul et des marais de Louisiane à l'Italie mussolinienne, le troisième volume du Siècle des chimères enchaîne les aventures à un rythme effréné.

    Mais l'alliance de Tewp, Gärensen et Monti pour châtier les Galjero saura-t-elle résister aux obstacles qui se dressent sur sa route ?

  • Natifs des âpres montagnes calabraises de la Locride, trois adolescents, bons élèves et bons fils, choisissent la voie du crime pour échapper à la misère. Mais ils auront beau refuser l'embrigadement de la 'ndrangheta - la mafia calabraise - pour partir à la conquête du monde, devenant braqueurs à Milan puis trafiquants de cocaïne aux contacts des réseaux planétaires, islamistes compris, ils reviendront toujours sur ces hauteurs d'où l'on aperçoit deux mers mais où les porcheries cachent parfois des victimes d'enlèvement crapuleux, où les forêts sont hantées d'âmes noires, fugitifs recherchés par la justice étatique ou la vengeance mafieuse.

  • Un adepte du sadomasochisme contacte Marco, dit l'Alligator, pour qu'il retrouve son épouse disparue. L'ancien prisonnier et ses acolytes, Beniamino Rossini, vieux truand à l'ancienne, et Max la Mémoire, vieux militant qui recouvre sa passion politique lors du G8 de 2001, vont plonger dans le monde souterrain de la souffrance volontaire, dans le drame des « doubles vies », à la recherche du Maître des noeuds, un tortionnaire qui sait se faire adorer de ses victimes.
    Pour les trois amis, le plus dur ne sera pas de progresser les armes à la main entre bonne société et mafias mais de se retrouver, au bout du monde SM, face à leurs propres souvenirs de prisonniers.
    Remarquable comme toujours par sa précision documentaire et son regard implacable sur les plaies sociales, ce roman de Carlotto met une nouvelle fois en scène son enquêteur très particulier, amateur de blues et de calva.
    Massimo Carlotto est né à Padoue en 1956.
    Découvert par le critique et écrivain Grazia Cherchi, il a fait son entrée sur la scène littéraire en 1995 avec le roman Il fuggiasco (Le Fugitif, non traduit en français), publié par les éditions E/O, qui a obtenu le prix Giovedì en 1996. Depuis, il a écrit quinze autres romans, des livres pour enfants, des romans graphiques et des nouvelles publiées dans des anthologies.
    Ses romans sont traduits dans de nombreux pays ; certains ont été adaptés au cinéma. Massimo Carlotto est aussi auteur de pièces de théâtre, scénariste pour le cinéma et la télévision, et il collabore avec des quotidiens, des magazines et des musiciens.

    En 2007, il est lauréat du prix Grinzane Cavour - Piémont Noir.

  • Giorgio Pellegrini, l'antihéros de Arrivederci amore, ancien combattant des luttes sociales des années 70 devenu impitoyable criminel, possède désormais tout ce dont il avait rêvé : une épouse qu'il manipule au gré de ses caprices sadiques et un luxueux restaurant, rendez-vous de tous ceux qui comptent dans sa cité du Nord-Est italien.
    Il gère aussi, avec l'aide de son avocat, le député Brianese, un réseau d'escort-girls pour les politiciens affairistes qui mettent la région en coupe réglée. Mais découvrant que l'avocat l'a grugé, il retrouve ses instincts de voyou brutal pour tenter d'obtenir réparation. Mal lui en prend : l'avocat le fait placer sous la domination de la 'ndrangheta, la mafia calabraise. Pour lui échapper, ses instincts de grand fauve calculateur, même avec l'aide de trafiquants maltais et d'un malfrat russe, suffiront-ils ?Écriture sobre, ironie froide, précision documentaire : avec son talent si singulier, Carlotto réussit une fois encore à nous passionner pour le destin de personnages très peu recommandables tout en nous plongeant au coeur des trafics politico-mafieux de l'industrieuse Vénétie, ce monde pourri qui ressemble tant au nôtre.

  • Aux origines de Romanzo criminale, la naissance d'un chef de gang.
    Années 70. Dans la cour d'une prison, un garçon de vingt-cinq ans sauve la vie d'un autre jeune homme, objet d'une tentative d'assassinat. La victime est le neveu d'un chef mafieux. Pour le sauveur, "Le Libanais", c'est le départ d'une fructueuse carrière criminelle. Le "boss" lui offre de participer à un trafic de drogue mais, pour cela, le Libanais va devoir trouver de l'argent... Dans sa quête de fonds, il va tomber amoureux d'une belle bourgeoise gauchiste, Giada, à laquelle il cache le buste de Mussolini qui orne son appartement. À la tête de sa bande de toujours, ce groupe d'enfants des rues avec lesquels il a grandi, il se lance dans un enlèvement...
    Situé, dans la chronologie romanesque, avant Romanzo criminale, ce bref et vigoureux récit permet à ses très nombreux lecteurs de retrouver Dandy, le Buffle et tous les autres personnages de la grande saga du crime à Rome.
    Le magistrat De Cataldo s'appuie sur une connaissance approfondie du roman vrai de la criminalité romaine et, grâce à ses talents de feuilletoniste hors pair, il en tire de la vraie littérature.

  • Journaliste sportif au Sol de Hoy, Hilario Godínez a des relations ambiguës avec le monde de sa petite ville de la province mexicaine. Une inconnue lui écrit des lettres d'amour depuis dix ans, il n'a aucune idée de son identité. Lui qui rêvait d'être écrivain et dont la carrière littéraire semble définitivement compromise conquiert des admirations encombrantes chez les tueurs du cartel local grâce à ses chroniques de foot. Le jour où on retrouve dans un dépotoir le corps du brillant footballeur Torito Medina - enfin, une partie du corps -, tout dérape. Il se retrouve en première ligne et se lance dans la résolution de l'énigme. Au passage il drague la jolie chroniqueuse mondaine de bonne famille qui lui révèle tout un univers de plasticiens et de galeristes. Son admirateur musclé le met en garde mais il s'obstine dans sa recherche du salaud qui s'amuse à semer les cadavres incomplets dans la ville effrayée. Dans ce petit polar cruel, Antonio Sarabia offre un portrait saisissant du Mexique d'aujourd'hui, où l'étonnement n'est plus de mise, mais qui laisse quand même une place à l'amour et à l'espoir.

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