• Jacob Portman, 16 ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé une partie de sa vie sur une minuscule île du pays de Galles, où ses parents l'avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été recueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d'un orphelinat pour enfants « particuliers ». Selon ses dires, Abe y côtoyait une ribambelle d'enfants doués de capacités surnaturelles, censées les protéger des « Monstres ».
    Un soir, Jacob trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s'enfuit sous ses yeux. Bouleversé, Jacob part en quête de vérité sur l'île si chère à son grand-père. En découvrant le pensionnat en ruines, il n'a plus aucun doute : les enfants particuliers ont réellement existé. Mais étaient-ils dangereux ? Pourquoi vivaient-ils ainsi reclus, cachés de tous ? Et s'ils étaient toujours en vie, aussi étrange que cela puisse paraître...

  • Notre identité est-elle soluble dans un lot de coton égyptien? À Jaffa, lorsque Avraham est tué dans le massacre des Juifs de la ville en 1936, son associé musulman, Ibrahim, décide en quelques heures de se faire passer pour lui afin de récupérer le précieux tissu. Il ne mesure pas alors le poids que cette tromperie aura sur sa femme Miriam. Mais aussi sur leur fille et les générations suivantes. D'Istanbul a? Djerba, de Bâle a? Miami, d'Ancône a? Rome, l'imbroglio identitaire se fera de plus en plus inextricable. Et ce seront Giuditta et Esther qui, de façon détournée, payeront leur tribut a? ces vies dérobées.
    Et vous, êtes-vous sûr de vos origines?

  • Terres promises

    Milena Agus

    La terre promise, tout le monde la cherche. Pour Raffaele, de retour en Sardaigne juste après la guerre, elle se situe sur le Continent. Mais une fois là-bas, Ester, sa jeune épouse, a le mal du pays, elle qui était pourtant si pressée d'en partir... Alors la famille y retourne. Leur fille, Felicita, s'adapte aux humeurs locales et s'initie avec la même conviction au communisme et au sexe. De ses amours naîtra un drôle de petit bonhomme, Gregorio. Au fil des ans et des rencontres, ils avanceront dans leurs vies imparfaites, croisant la route d'autres êtres en quête de bonheur. Pour tous, Felicita est l'indispensable pivot. Car à ses yeux les gentils ne sont pas des perdants et la terre promise est au coin de la rue. Une saga familiale décalée.

  • « Mes chers, je suis dans un camp de travail et je vais bien... »

    Voici les quelques mots - presque toujours les mêmes - expédiés depuis Auschwitz par près de 3 000 juifs de France. On découvre ainsi qu'une correspondance a existé entre les déportés à Auschwitz et leur famille entre 1942 et 1945. La procédure autorisait même les réponses. Ces lettres-cartes, écrites sous la contrainte, faisaient partie d'une vaste opération de propagande, la Brief-Aktion, qui visait à rassurer leurs proches et dissimuler l'horreur. D'autres lettres, clandestines celles-ci, ont pu entrer et sortir du camp et dévoilent davantage l'enfer concentrationnaire. Sont rassemblées ici aussi des lettres écrites dès la libération du camp, preuves de survie uniques et émouvantes adressées aux familles par les rescapés.

    Grâce à des archives totalement inédites, Karen Taieb dévoile pour la première fois un pan méconnu de l'histoire de la Shoah, tout en honorant la mémoire des victimes. Pas à pas, elle redonne une identité à vingt et un déportés, dont ces lettres, qui nous plongent de façon saisissante dans la réalité du camp d'Auschwitz, sont parfois les dernières traces.

  • " L'Heure du roi devrait faire partie du patrimoine de l'humanité " Le Canard enchaîné
    Chaque livre possède son histoire. Celle de
    L'Heure du roi, bijou de finesse littéraire et politique, est à l'aune de son contenu : extraordinaire. Publié dans une revue israélienne avant d'être reproduit dans les samizdat russes, il finit en Allemagne. Atypique dans la production russe contemporaine (par sa brièveté, son style, son propos, son intemporalité), le roman de Khazanov est à ranger dans la catégorie culte.

  • Tout débute un beau jour quand le narrateur trouve une chose par terre, dans la rue. Une chose ? Quelque chose, de forme ovale, à la fois mou et dur, qu'il ne parvient pas à identifier mais qu'il prend dans le creux de sa main.
    Commence alors pour lui une étonnante divagation où, guidé par sa recherche, il connaîtra mille et une aventures : lors de son voyage, il rencontrera des universitaires spécialistes de littérature israélienne, une troupe de cirque d'un genre un peu particulier, un groupe de Juifs à la poursuite de leur utopie, et non pas une, mais deux femmes prénommées Shloma.
    De rencontres inopinées en hasards improbables, l'équipée de notre héros se relance à chaque fois. Car bien sûr tous ces personnages hauts en couleur ont un point commun : ils ont chacun un avis sur la question.

  • Années trente. De graves événements secouent le monde: crise économique, montée de la violence... Pourtant, la vie se déroule encore paisiblement dans une famille de la bourgeoisie romaine. Lorsqu'une petite fille naît, en 1931, elle est escortée par les siens à la basilique Saint-Pierre pour y être baptisée. Dans le bel appartement où on la ramène, tout est serein et le restera encore pendant quelques années. La gouvernante accompagne les enfants à la Villa Borghese, la cuisinière Italia prépare des tartes aux fruits, et les voisins échangent des politesses. Pourtant lorsque la fillette rentre à l'école primaire, en 1938, quelques événements fissurent son univers si lisse. Le petit Giorgio Levi est interdit d'ascenseur et le Dr Luzzatti, d'auscultation. Tandis que la gentille voisine de palier, madame Della Seta, se terre dans son appartement silencieux...

  • Ce roman constitue le second volet de l'Élu, le plus célèbre de tous les romans de Chaïm Potok. Fraîchement lancés dans leurs études universitaires, les deux amis ayant grandi à Brooklyn, Reuven Malter et Dany Saunders, doivent lutter pour rester fidèles à leur promesse et vivre conformément à leurs croyances et à leurs idéaux. Chaïm Potok a choisi le Brooklyn des années 50 comme cadre de ce roman dont les thèmes essentiels sont la fidélité envers soi-même ainsi que le rapport parfois conflictuel à la foi juive et à ses enseignements traditionnels. Dans un monde où les croyances sont bouleversées, la quête de spiritualité des héros du livre forme comme un antidote au désespoir contemporain.

  • Avec l'exceptionnelle puissance d'évocation qui le caractérise, Chaïm Potok reconstitue pour nous - à l'aide de cette grammaire du souvenir qui régit l'ensemble de son oeuvre - les difficiles débuts de David Lurie. Fils d'immigrants juifs polonais, enfant malade à la sensibilité exacerbée, celui-ci ne connaîtra que quelques années d'enfance paisible avant la crise de 1929, où il fera l'apprentissage d'un monde en plein désarroi, avant de prendre conscience de l'horreur de la guerre et de la barbarie nazie. Le petit garçon fragile deviendra un grand théologien au prix d'une rupture avec une tradition religieuse dont les enseignements ne lui paraissent pas assez approfondis. Il devra aussi s'exposer à perdre ce qui lui est le plus cher : l'affection et la compréhension des siens, l'approbation de ses maîtres et de ses propres certitudes. À travers le New York de la Dépression, Chaïm Potok évoque ici avec une minutieuse tendresse les joies et les peines d'une famille juive. Cette vaste fresque se termine par un déchirant pèlerinage de David à Bergen-Belsen, l'un des camps où se mêlent à tout jamais les racines et les cendres du peuple juif.

  • « Ma très chérie. Nous voici en route pour X. Aucune idée. Tous les tuyaux circulent, Allemagne, Pologne aussi bien que Pyrénées. On verra bien... Ça peut être très long. Mais on reviendra. Je ne crains qu'une seule chose, c'est de vous voir nous rejoindre. » 27 mars 1942, jeté du premier convoi Drancy-Auschwitz.

    Ce recueil de 130 lettres témoigne de l'internement et de la déportation des juifs en France entre 1941 et 1944. Une persécution dont l'été et le printemps 1942 constituent le tournant, avec la grande rafle du Vél'd'Hiv. Les internés, leur famille, de simples témoins disent leur angoisse, leurs préoccupations quotidiennes, leur incompréhension. Ils tissent un récit à plusieurs voix, issues de la France entière et convergeant vers le camp de Drancy, antichambre de la déportation et de l'extermination.

  • De 1938 à 1945, 2 720 prêtres, religieux et séminaristes sont déportés dans le camp de concentration de Dachau, près de Munich. Regroupés dans des « blocks » spécifiques - qui conserveront pour l'histoire le nom de « baraques des prêtres », 1 034 d'entre eux y laisseront la vie. Polonais, Belges, Allemands, Français, Italiens, Tchèques, Yougoslaves : derrière les barbelés de Dachau, l' « universalité de l'Église » est palpable. Ces hommes qui, dans une Europe encore christianisée, jouissaient d'un statut respectable, parfois éminent, se retrouvent projetés dans une détresse absolue. La faim, le froid, les maladies, le travail harassant, les coups des SS et des kapos, les expériences médicales ou les transports d'invalides ont raison de ces hommes de tous les âges. Quelques-uns sombreront dans le désespoir et s'effondreront, d'autres - la grande majorité d'entre eux - ne fléchiront pas, peut-être soutenus par leur foi. Partageant le sort commun des déportés, les prêtres de Dachau s'efforcent de maintenir intacte leur vie spirituelle et sacerdotale. Une chapelle, la seule autorisée dans tout le système concentrationnaire, leur apporte un secours considérable. Cette expérience unique dans l'histoire de l'Église éclaire d'un jour nouveau les rapports entre le nazisme et le christianisme. Près de 70 ans après sa libération, le camp de concentration de Dachau demeure le plus grand cimetière de prêtres catholiques du monde.

  • Espions de nulle part

    Matti Friedman

    Jusque-là ils avaient vécu comme les Arabes, malgré une religion différente. Même langue, mêmes habits, mêmes plats épicés et même café sept fois passé sur le feu. Pourtant, dans les années quarante, sous la pression des événements survenus à la fin du mandat britannique en Palestine, la cohabitation devint impossible pour ces Juifs orientaux. Plusieurs d'entre eux choisirent de quitter leurs pays pour se rendre en « Terre d'Israël ». C'est là que le Palmach, une unité de commandos, eut l'idée d'utiliser leur précieuse connaissance de l'ennemi pour en faire des infiltrés en pays arabe. Pour quatre d'entre eux l'aventure commença dans le tumulte de la guerre d'Indépendance, puis se poursuivit au Liban, avec quelques incursions en Syrie. Une vie d'espion dangereuse mais exaltante. Une vie qui leur attribuait un rôle d'acteurs de l'ombre dans la création du futur pays. Un rôle qu'ils payèrent souvent de leur vie comme Havakuk. Et que Gamliel, Isaac et Yakuba continuèrent d'endosser de longues années au sein du Mossad, le célèbre service secret israélien.

  • Engagées en première ligne dans la politique de contrôle et d'exclusion du gouvernement de Vichy entre 1940 et 1944, la gendarmerie et la police françaises ont, plus que toute autre institution, dû affronter le dilemme  : «  servir face à l'ennemi ou servir l'ennemi  ». Car désobéir à ses supérieurs, pour un gendarme ou un policier, c'est aller à l'encontre de l'essence même de sa formation.Mais si une partie d'entre eux ont appliqué les ordres par discipline, par antisémitisme, par peur ou par intérêt, nombreux sont ceux qui ont aidé à faire passer la ligne de démarcation ou la frontière à des Juifs, à cacher des résistants, à dissimuler des armes... Même s'ils n'ont pas rejoint un réseau ou un mouvement de résistance, leur action a permis de sauver de nombreuses vies. Or cette histoire-là est totalement ignorée.Face à un discours traditionnel qui met en avant l'activité des policiers ou des gendarmes ayant appliqué avec zèle les lois et les ordonnances en vigueur pendant l'Occupation, cette fresque sans concession ni faux-semblant, basée sur de nombreux documents d'archives étudiés par l'auteure depuis une dizaine d'années, met à mal nombre d'idées reçues et montre que, même au coeur du système vichyssois, il était possible de contrevenir aux ordres.  Limore Yagil est professeure habilitée à diriger des recherches d'histoire contemporaine et chercheuse à la Sorbonne. Spécialiste de l'histoire culturelle et politique de la France sous l'Occupation,  elle a publié une dizaine d'ouvrages, parmi lesquels Chrétiens et Juifs sous Vichy (Cerf 2005) et Au nom de l'art 1933-1945 (Fayard, 2015). 

  • La persécution des Juifs d'Europe par les nazis s'est accompagnée très tôt de projets d'échanges de prisonniers juifs contre des Allemands de l'étranger. Une politique qui aboutira à la création d'une catégorie spéciale de déportés, internés dans le camp de Bergen-Belsen à partir de 1943.Cet ouvrage retrace la genèse et le déroulement de cette politique sur fond de luttes d'influence au sein de l'appareil nazi. Les auteurs font appel aussi bien aux témoins et survivants de ce drame qu'aux historiens spécialistes de la période. Ils reconstituent ainsi dans les détails les négociations menées un an avant la fin de la guerre entre les SS Adolf Eichmann et Kurt Becher   émissaire personnel de Himmler  - et l'avocat juif Rudolf Kasztner, pour obtenir la libération de Juifs hongrois contre la remise aux nazis d'argent, de matériels et de ressortissants allemands. Plus la défaite approche, plus les dignitaires SS espèrent pouvoir négocier avec les Alliés pour cette opération. Un jeu pervers qui aboutira après bien des revers au sauvetage de 1  700 vies humaines.À la fois synthèse accessible de la recherche sur le sujet et récit incarné, Les Rançonneurs d'Hitler restitue un chapitre largement méconnu de l'histoire de la Shoah et éclaire la personnalité controversée de Rudolf Kasztner.  Thomas  Ammann  et Stefan Aust sont journalistes et auteurs. Tous deux ont travaillé pour la presse écrite et la télévision allemandes.  Les Rançonneurs d'Hitler  est leur premier ouvrage publié en France.    Ouvrage traduit de l'allemand par Hugues Van Besien 

  • Présents au Yémen avant l'apparition de l'islam, les Juifs y auraient même fait souche depuis l'époque biblique, bien avant la rencontre légendaire entre le roi Salomon et la reine de Saba. Aujourd'hui, les derniers Juifs du Yémen luttent pour leur survie.

    Dans l'Antiquité, les Juifs du Yémen sont intégrés dans la population locale, dont ils ont adopté la langue et les moeurs. Ils ont réussi à « judaïser » leurs voisins et on leur attribue l'introduction de l'agriculture, de l'irrigation, de l'orfèvrerie ou de la métallurgie.

    Au VIIe siècle, l'expansion de l'islam se déroulant vers l'ouest, le Yémen est relégué au rang de province éloignée. Les califes de Bagdad n'y exercent aucun pouvoir réel, le laissant aux mains de chefs religieux indépendants, sunnites ou chiites, ayant à coeur de soustraire leur population - Juifs compris - à toute influence étrangère.

    Ainsi ce pays est-il resté, du début de l'ère islamique jusqu'au XXe siècle, figé dans des structures et des modes de fonctionnement quasi immuables, ceux d'une société hiérarchisée dans laquelle les Juifs occupent le bas de l'échelle sociale.

    À partir de sources hébraïques, arabes et européennes, Yosef Yuval Tobi explique la place à part occupée par les Juifs yéménites en terre d'Islam et retrace leur longue histoire dans ce pays, qui s'acheva dans la douleur de l'exode au lendemain de la création de l'État d'Israël.

  • Le catalogue Goering

    Jean-Marc Dreyfus

    Récemment extrait des archives du Quai d'Orsay, le Catalogue Goering est un document exceptionnel. Il s'agit de la liste complète des tableaux qui formèrent la collection rassemblée par le numéro deux du nazisme dans sa propriété de Carinhall, non loin de Berlin. Habilement conseillé par des historiens d'art, Goering profita de son pouvoir sans limites, de l'immense fortune qu'il accumula par la persécution et l'assassinat des Juifs pour assouvir sa passion de l'art et son goût pour la peinture occidentale, les grands artistes flamands du XVIIe siècle, les peintures allemandes du XVIe siècle, mais aussi l'art classique français et italien.
    À la fin de la guerre, une partie des oeuvres fut retrouvée par les troupes américaines et le gouvernement français tenta de récupérer celles qui avaient été pillées en France. Rose Valland, attachée de conservation au musée du Jeu de Paume, oeuvra sans répit à la mission de recherches, aux côtés des Monuments Men.
    Le Catalogue Goering raconte, à travers l'inventaire des oeuvres volées, l'histoire de leur collecte puis la recherche des propriétaires après-guerre - tous n'ont pas encore été retrouvés. L'historien Jean-Marc Dreyfus renoue ici les fils de l'enquête en même temps que les équipes des Archives diplomatiques décryptent cet étonnant catalogue.

  • Un roman pour découvrir la vie de saint Paul, sa personnalité et son enseignement. Le destin incroyable de saint Paul, juif converti sur le chemin de Damas, qui a porté la Bonne Nouvelle au-delà des mers; un personnage fort au caractère trempé qui a eu une vie mouvementée, conduit par une foi brûlante.
    A partir de 12 ans

  • Moïse sait qu'il va mourir. Dans quelques heures, sur le mont Nébo, le Prophète qui a libéré les Hébreux de leur esclavage devra remettre son âme à Dieu. Il ne verra même pas la Terre de Canaan vers laquelle il les a guidés depuis quarante ans. Et pourtant il mérite d'y entrer ! Plus que tout le peuple, plus que tous les Prophètes, plus que tous les Sages, plus que tous les prêtres. Sa mort imminente apparaît alors comme triplement injuste : comment pourrait-elle le frapper lui, l'être exceptionnel, oser le faire disparaître en dehors de la Terre promise, et dans la solitude ? À l'ange de la mort qui se présente devant lui, Moïse s'écrie : « Écarte-toi de moi. Il n'est pas question de te remettre mon âme ! »
    Dans un ultime face-à-face avec Dieu, Moïse va ainsi refuser la mort et se livrer à une discussion passionnée pour faire valoir son droit à l'immortalité. A-t-il réussi ? Nul ne connaît sa tombe aujourd'hui. On sait seulement qu'il a disparu sur le mont Nébo, dans le pays de Moab, en face de Jéricho. Mais qui l'a accompagné ? Qui a creusé sa tombe pour son dernier sommeil ? Qui a recouvert son cercueil de terre ? Qui a procédé à l'oraison funèbre ? Qui a fait les dernières prières ? Est-il réellement mort ? Est-il monté au Ciel ? Et, si c'est le cas, a-t-il ensuite ressuscité ?
    Les histoires rapportées ici sont toutes extraites du Midrash. Depuis l'époque du Talmud, les rabbins ont imaginé les nombreux dialogues que Moïse aurait entretenus avec Dieu avant de mourir, en les reliant aux questions humaines fonda-mentales. Étonnamment modernes, ils font partie intégrante de la tradition juive.

  • À la fin des années 1920 naît la première organisation antiraciste française, la Ligue internationale contre l¬'antisémitisme (LICA, actuelle LICRA). Ciblant d¬'abord les manifestations antijuives qui surviennent en Europe centrale et orientale, elle doit très vite affronter la résurgence de l¬'antisémitisme dans une France où on le croyait à tort éteint, et faire face à un défi sans précédent, le national-socialisme.
    Dans le contexte tourmenté des années 1930, les militants de la LICA inventent une doctrine et se dotent de moyens d'¬action. À côté des batailles rangées contre leurs adversaires, du boycottage des dictatures et d'une propagande véhémente, ils définissent un projet politique visant à donner une dimension institutionnelle à l¬'antiracisme dans la France républicaine.
    S'¬appuyant sur des fonds d¬'archives inédits et considérables - dont les archives de la LICA rapatriées de Moscou au début des années 2000 -, Emmanuel Debono retrace l¬'histoire des pionniers du militantisme antiraciste en France, avant que la défaite de 1940 ne plonge leur idéal dans les ténèbres. Il met en lumière l¬'attitude des pouvoirs publics, celle des élites politiques et intellectuelles, en métropole comme en Afrique du Nord, face à des démonstrations de haine souvent minimisées.

  • Le livre du rabbin vénitien Léon de Modène, publié à Paris en version italienne en 1637 sous le titre de Historia de gli riti hebraici, présentait à un large public les rites et les coutumes des Juifs de son temps. Il prenait place dans tout un courant de redécouverte de l'Orient, des peuples étrangers et des religions non chrétiennes. Pour assurer sa diffusion en France, le grand érudit et hébraïsant Richard Simon en fit une traduction qu'il publia en 1674. Il la faisait précéder d'une préface où il manifestait sa remarquable connaissance du judaïsme et soulignait l'intérêt que, comme théologien et savant catholique, il portait au peuple juif. Pour combler les lacunes du livre du rabbin vénitien, il joignait à sa traduction deux importants suppléments, l'un consacré aux Caraïtes (Juifs qui s'appuyaient exclusivement sur l'écriture et à ce titre lui paraissaient préfigurer les protestants), l'autre aux Samaritains. En 1681, Richard Simon réédita son livre et y ajouta une seconde partie où il dégageait les rapports de la doctrine et de la liturgie chrétiennes avec le judaïsme. C'est cette version complète qui est ici publiée.
    Comparer l'oeuvre de Léon de Modène et celle de l'oratorien français permet de comprendre comment le public du XVIIe siècle connaissait le judaïsme et comment un catholique cultivé et d'esprit libre pensait les rapports entre les deux religions et les deux peuples. Léon de Modène est en effet un bon témoin de la façon dont les communautés juives se représentaient elles-mêmes et se faisaient connaître à l'extérieur ; quant à Richard Simon, au delà des questions théologiques et liturgiques, il manifestait pour les coutumes juives une curiosité quasi ethnographique, annonçant, dans le catholicisme même, un état d'esprit appelé à se développer considérablement.

  • Septembre 1984, Addis-Abeba. Dans le hall de l'hôtel Éthiopia, une jolie dame aux cheveux blancs et bouclés se fait passer pour une touriste. En réalité, elle est en mission. Contactée par une association humanitaire, Tereska Torrès a accepté de partir en Éthiopie pour organiser le départ clandestin d'un groupe d'enfants falashas à destination d'Israël. Persuadés d'être les descendants du roi Salomon et de la reine de Saba, les falashas sont sur le point de réaliser leur rêve, gagner la Terre sainte. Faute de préparation, Tereska échoue.

    Cinq ans plus tard, la voilà de retour. Et cette fois-ci, elle réussit. Par quel miracle?

    Dans ce récit palpitant digne d'un film d'espionnage, Tereska Torrès lève le voile sur une page d'histoire méconnue.

  • La communauté juive de Québec, malgré sa petite taille, a été témoin de débats de première importance dans ­l'évolution de la population juive au pays. C'est à Québec, en 1738, qu'arrive Esther Brandeau, la première personne d'origine juive dont l'histoire canadienne retient le nom, rapatriée en France parce qu'elle n'est pas de confession catholique. C'est à Québec, en 1832, que le parlement du Bas-Canada adopte une loi accordant aux Juifs les mêmes privilèges et avantages qu'aux autres citoyens du pays, notamment le droit de siéger à la Chambre d'assemblée. C'est aussi à Québec, en 1910, qu'est prononcé un discours hostile aux Juifs par le notaire Louis-Joseph ­Plamondon, plus tard jugé coupable d'avoir tenu des propos diffamatoires et d'avoir menacé la sécurité physique des Juifs. C'est malheureusement à Québec, en mai 1944, qu'est perpétré l'acte antisémite probablement le plus grave de l'histoire québécoise, l'incendie criminel de la synagogue de la congrégation Beth Israël Ohev Sholom la veille de son inauguration.

    L'histoire juive de Québec est également façonnée par des personnalités fortes, toutes origines confondues, qui se sont illustrées par leur engagement communautaire et ont contribué, souvent de manière exceptionnelle, à l'avancement de leur milieu d'appartenance : Abraham Joseph, marchand fortuné de la Grande-Allée et propriétaire de la Stadacona Bank, qui se présente deux fois comme candidat à la mairie ; Léa Roback, l'une des activistes ­syndicales les plus en vue de son époque ; Sigismund Mohr, ingénieur qui pave la voie à la construction du premier aménagement hydroélectrique commercial au Canada, soit les chutes Montmorency ; Maurice ­Pollack, commerçant et philanthrope, qui donne son nom à l'un des pavillons du campus de l'Université Laval ; Marcel Adams, important promoteur immobilier et constructeur des Galeries de la Capitale...

    Les Juifs de Québec raconte ces quatre cents ans d'histoire féconde par des textes et des images d'archives incomparables.

  • Un texte historique de l'Église catholiqueCe beau texte marque la reconnaissance officielle par l'Église des valeurs constituées par les religions non chrétiennes ; elles ont quelque chose à faire connaître de Dieu, les chrétiens doivent y être attentifs. On retiendra notamment l'accent mis sur le lien fondamental entre les chrétiens et les juifs et sur l'invitation au dialogue fraternel.Retrouvez aussi les 16 textes du Concile Vatican II rassemblés dans un seul livre numérique : Tous les textes de Vatican II.

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