• L'Usine, un gigantesque complexe industriel de la taille d'une ville, s'étend à perte de vue. C'est là qu'une femme et deux hommes, sans liens apparents, vont désormais travailler à des postes pour le moins curieux. L'un d'entre eux est chargé d'étudier des mousses pour végétaliser les toits. Un autre corrige des écrits de toutes sortes dont l'usage reste mystérieux. La dernière, elle, est préposée à la déchiqueteuse de documents. Très vite, la monotonie et l'absence de sens les saisit, mais lorsqu'il faut gagner sa vie, on est prêt à accepter beaucoup de choses... Même si cela implique de voir ce lieu de travail pénétrer chaque strate de son existence ?
    Dans une ambiance kafkaïenne où la réalité perd peu à peu de ses contours, et alors que d'étranges animaux commencent à rôder dans les rues, les trois narrateurs se confrontent de plus en plus à l'emprise de l'Usine. Hiroko Oyamada livre un roman sur l'aliénation au travail où les apparences sont souvent trompeuses.

  • "Chacun dans sa vie, homme ou femme, a sa chanson, et si vous avez un peu de chance, vous ne l'oubliez pas. La chanson de votre mariage, la chanson de votre premier amour, la chanson de votre enfance. Pour nous, les Africains-Américains, la chanson de notre vie, la chanson de toute une histoire, s'incarne dans l'existence et l'époque de James Brown". Mais qui était James Brown et quelle était cette époque ?
    Pourquoi, surtout, est-il devenu une part de l'âme de l'Amérique au même titre que Martin Luther King ou Mohamed Ali ? Une enquête virtuose pour percer le secret du génie de la soul, complexe et intense.

  • Sortie d'usine

    François Bon

    'C´est d´abord un livre, Sortie d´usine, qui, en 1982, « s´impose comme un coup de force » selon le mot de Pierre Bergounioux. Le roman faisait en quatre semaines le tour d´une aliénation vécue de l´intérieur, évoquant le plus terrible - accident, mutilation, aliénation au travail - et surtout le plus profond des existences ouvrières : mort à soi-même, enfermement dans une vie parallèle qui ne croise jamais le chemin de son destin. François Bon dressait ainsi, dans une langue rare, heurtée, l´inventaire des abandons et des oublis, au premier rang desquels celui de vivre. Il affichait la mécanisation de l´homme amputé de ses sensations, rendu sourd, indifférent au monde par l´agression trop forte d´un univers réglé, minuté, totalitaire. (Dominique Viart, François Bon. Étude de l'oeuvre, Bordas, 2008).

  • "Travailler dans l'événementiel", en d'autres termes dans "ce qui fait le buzz". Tel est le souhait de Younes, adolescent de 16 ans de la Seine-Saint-Denis. Quant à vous, peut-être habitez-vous dans une "ville­monde", où le flâneur ne flânerait plus mais

  • Rivés à leurs écrans, les agents veillent à la bonne marche d'un monde qui tourne sans eux. Dans des box blindés, dans de hautes tours de verre d'un autre siècle, ils travaillent et luttent pour conserver leur poste, buvant du thé, s'achetant des armes. Tous les moyens sont bons. Ruse, stratégie, violence - guerre totale. Parce qu'il y a pire que la mort, pire que la Colonne Rouge. Il y a la rue, où règnent les chats, le chaos, l'inconnu.

    Roman dystopique aux accents kafkaïens, dans la lignée du J. G. Ballard de la trilogie de béton et des oeuvres obsessionnelles de Philip K. Dick, Les agents raconte un monde où l'aliénation du travail est devenue la loi généralisée et machinique en vertu de laquelle tous s'affrontent pour survivre - où la solidarité est une arme à double tranchant.

  • La neuvaine est une forme de prière toujours appréciée des croyants. Elle consiste à méditer, durant neuf jours consécutifs, des textes de l'Écriture et de la tradition ecclésiale, tout en confiant à Dieu une intention particulière. Ce livret présente une neuvaine inédite à Notre Dame qui ôte les épines. Le texte, revêtu de l'Imprimatur, est riche de citations bibliques et de références à la spiritualité mariale des plus grands saints. Cette neuvaine, qui se prie facilement, obtient de nombreuses grâces, notamment dans l'ordre d'une libération des blessures intérieures et extérieures qui font cruellement souffrir : épines de haine, d'incrédulité, de désespoir, d'orgueil, de mensonge, d'égoïsme, de dépendances aliénantes, de conflits relationnels, d'emprises démoniaques. Elle prend toute sa force si l'on veut bien se plier à une authentique démarche de conversion, qui passe par le repentir et la réconciliation.

  • À droite comme à gauche, on a fait du «travail» un absolu, une norme incontournable. En s'attaquant à sa position centrale dans nos vies, les auteurs entendent mettre à mal ce consensus afin de «penser contre le travail» et ainsi dépasser un système qui souvent nous broie. Car quelle est la véritable nature du travail dont on nous serine tant les vertus? N'y a-t-il pas une hypocrisie récurrente à encourager un système qui défend encore que le travail rend libre alors qu'il devient de plus en plus rare? Plutôt que chercher à aménager le travail pour le faire perdurer, les auteurs tentent d'imaginer des voies de sortie. Leurs critiques rejoignent plusieurs sphères du travail: le mythe du plein emploi, le salariat, le management et ses ravages, la servitude volontaire des cadres et des classes moyennes ou encore le rôle de l'éducation arrimée au monde de l'entreprise. Leur but commun: un désir de remettre en cause le dogme du travail pour tous, du travail comme élément structurant de la vie individuelle et collective, de l'activité rémunérée comme horizon existentiel prépondérant. Sans orthodoxie, c'est dans un ici et maintenant, sur nos lieux de travail et dans notre quotidien, que les auteurs nous invitent à prendre le parti de limiter, de contrer ou de refuser ce qui nous nie et nous détruit, en fonction de nos propres capacités. Mettre en question le travail devient un impératif quand tout un monde gravite autour de ce paradigme: celui de la (sur)production et de la (sur)consommation qui ne prend pas en compte les limites de la planète. Cela n'est plus possible; l'heure est venue de réfléchir à son après.

  • Comment exister encore? Tel est le questionnement qui traverse cet ouvrage où Louis Marion, philosophe de la décroissance, interroge notre rapport au monde et tente de cerner les contours des différentes formes de la domination contemporaine. Devant la catastrophe écologique en cours, l'édification d'une écosociété stable et conviviale apparaît la tâche politique essentielle de notre temps. Mais en attendant, notre survie dépend de notre capacité à ne pas totalement abandonner le monde aux mains des experts, économistes et autres valets de l'économie capitaliste dévastatrice.

    Afin de bien identifier les concepts, les objectivations et les tendances à l'oeuvre dans le monde actuel, l'auteur propose de reconnaître la nature de la double domination contemporaine incarnée par le capital et la technocratie, sans oublier de décrire l'idéologie politique et la corruption du langage qui se sont mis à leur service. L'objectif est de donner les outils conceptuels permettant d'éclairer et, éventuellement, de surmonter l'impasse dans laquelle nous nous trouvons.

    Introduction aux valeurs écosociales, cet essai entend donc procéder à une description critique des obstacles politiques, économiques et techniques à l'émancipation sociale et écologique. Sans prétendre donner une réponse définitive aux différentes questions qui entravent la marche du monde, il s'agit plutôt d'aider à faire les distinctions philosophiques nécessaires pour se repérer dans la jungle idéologique du présent. S'appuyant sur un imposant corpus d'auteur.e.s luttant contre les formes de la domination du capitalisme techno-équipé, mais particulièrement sur la pensée du philosophe allemand Günther Anders, l'auteur veut secouer le cadre idéologique à l'intérieur duquel les problèmes sont généralement posés et définis, à gauche comme à droite.

    Bien saisir la nature du capitalisme, du libéralisme, de la techno-science et de la mégamachine: c'est à cela que nous invite Louis Marion dans «Comment exister encore?» Comprendre ce qui se cache dans les replis du langage et du savoir tronqué pour nous donner, collectivement, les outils pour résister à la barbarie qui vient.

  • Depuis 1967, la seconde est l'unité de base du temps social. Dissocié de toute réalité tangible, le temps atomique mondialisé sur lequel reposent les infrastructures militaires, la finance, les structures politiques et les réseaux de communication correspond à un nombre précis de périodes de radiations de l'atome de césium 133. Pourtant, malgré cette course à la précision et au contrôle, l'être humain n'a jamais été aussi aliéné par le régime temporel dans lequel il vit. L'ère du temps étudie l'histoire de notre rapport au temps - temps des relations sociales et des rapports de pouvoir, temps de la valeur, temps producteur et produit des institutions. De l'invention des premières horloges à nos jours, en passant par l'établissement du temps universel standard, Jonathan Martineau retrace l'ascension hégémonique du temps abstrait, qui enchaîne les multiples temporalités sociales aux fins du développement capitaliste.

  • Jamais une société n'a été plus riche, plus opulente que la nôtre. Jamais l'espérance de vie n'a été plus haute. Jamais les occasions d'apprendre, de découvrir, de s'émerveiller n'ont été plus nombreuses. Et pourtant, jamais les niveaux de mal-être et de morbidité psychique ne semblent avoir été si élevés.C'est à la résolution de ce paradoxe qu'Henri Hude, dans cet ouvrage salutaire, s'attaque avec conviction. S'il le fait en usant des outils légués par la tradition psychanalytique, c'est en philosophe et en homme de foi qu'il montre que cette situation est causée par le rejet de l'Absolu. Ce dont nous avons besoin pour retrouver le sens du réel et de nos propres vies, c'est de nous enraciner à nouveau dans le Bien, et surtout dans la personne d'un Dieu qui aime les hommes.

  • Le phénomène de la sexualisation qu'on observe dans les sociétés occidentales, depuis la prétendue libération sexuelle des années soixante, rejoint désormais les fillettes de 8 à 12 ans et même des enfants plus jeunes. Il ne laisse pas indifférents les parents, le personnel enseignant et toute personne qui se soucie de l'avenir de ces jeunes. Depuis quelques années, Pierrette Bouchard analyse ce phénomène qui consiste à donner un caractère sexuel à un comportement ou à un produit qui n'en a pas en soi.

  • Dans son sixième recueil de poèmes, Christian Roy cherche sa place dans une Acadie devenue le microcosme d'un monde où la pensée est de plus en plus atrophiée, où la nature est l'esclave du progrès et où l'invention et la vérité sont des synonymes. Tentant de réconcilier un coeur et un esprit à la fois belliqueux et romantiques, le poète, dans une sorte de nuit obscure de l'âme, déconstruit les artifices de la société afin de procéder « à l'excision du mal » une fois pour toutes.

  • «There's class warfare, all right, but it's my class, the rich class, that's making war. And we're winning.»

    «Bien sûr qu'il y a une lutte des classes, mais ç'est ma classe, la classe des riches, qui la mène. Et nous la gagnons. »

    Warren Buffet

    Dans ce dossier extrait de la revue Liberté 302, nous nous demandons si le dessin d'une société découpée entre prolétaires et bourgeois peut en effet paraître aujourd'hui obsolète, il est peut-être prématuré, si ce n'est trompeur, d'affirmer que les tensions et la violence qui caractérisaient les rapports de classes au dix-neuvième siècle ne sont plus que des reliques du passé. Quant à la classe moyenne, la seule que l'on ose encore considérer comme une classe et nommer ainsi, elle semble désormais contenir en son sein pratiquement tout et son contraire. C'est sans doute pourquoi on ne se prive pas d'annoncer, à plus ou moins long terme, son éventuelle disparition.

    Avec des textes de Alain Deneault (auteur, entre autres, de Gouvernance, Noir Canada et Off Shore), Éric Pineault (sociologue, professeur à l'UQAM et chroniqueur à l'émission Médium Large), Julia Posca (doctorante en sociologie à l'UQAM) qui discuteront sur le statut de la classe moyenne de Gabriel Nadeau-Dubois et de Jean Pichette, ainsi qu'une entrevue avec Louis Roy, Le syndicalisme désemparé

  • Igor Slobovitch est un citoyen exemplaire qui obéit aux lois. Cest dailleurs pour cette raison quil a été choisi comme candidat au prestigieux poste dambassadeur. Mais auparavant, il devra subir un difficile entraînement au Sénatorium, ce centre « de refonte de la pensée unique » qui anesthésie les angoisses et promet le bonheur.

    Secrètement, les autorités rêvent du jour où le Sénatorium desservira lensemble du pays. « On peindrait des lignes colorées partout. Le destin de chaque individu pourrait ainsi être ordonné. Et la vie entière de chaque citoyen suivrait une seule ligne, tracée par le bureau central, jusquau lit de sa mort, la couleur ne seffaçant que dans la tombe ou le crématorium. Oui, ce serait beau. » Dans ce roman magnifiquement écrit, Fabrice P. Saint-Pierre nous entraîne dans un monde qui nest pas sans rappeler ceux de Franz Kafka et de George Orwell.

  • Dans ce livre bouleversant, Gilles Simard raconte son parcours d'ex-psychiatrisé, d'alcoolique, de pharmacodépendant et de codépendant. De la clinique Roy-Rousseau, où les électrochocs, l'insulinothérapie et la camisole chimique sont la norme pour soigner les maux de l'âme, en passant par Domrémy et la maison de thérapie l'Arc-en-ciel, monsieur Simard connaît son lot d'aventures tantôt tristes, tantôt heureuses, qui mettent en relief certaines carences du système de santé mentale de l'époque. C'est finalement sa thérapie à l'Arc-en-ciel, une maison située dans le quartier Saint-Roch, qui l'amène vers une période d'abstinence qui dure depuis 1999. À l'aube de la soixantaine, monsieur Simard peut enfin vivre sobre, heureux, libre et en pleine possession de ses moyens : « toutes choses que je faisais très mal avant. »

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