• En juillet 1846, Henry David Thoreau est emprisonné pour avoir refusé de payer un impôt à l'État américain, en signe d'opposition à l'esclavage et à la guerre contre le Mexique. Cette expérience sera à l'origine de cet essai paru en 1849 et qui fonde le concept de désobéissance civile. Ce texte influença Gandhi, Martin Luther King ou Nelson Mandela et il ne cesse d'inspirer philosophes et politiciens depuis plus de 150 ans.

  • Vers la fin de l'année 1844, Emerson acquiert à Concord, dans l'État du Massachusetts, un terrain au bord d'un vaste étang. Cet étang, c'est Walden. Thoreau y vivra pendant deux ans, dans une cabane, et de cette expérience tirera Walden, ou la Vie dans les bois. Sans Emerson, donc, pas de Walden. Ami et mentor de Thoreau, Emerson est l'un des premiers grands philosophes américains. Chef de file du transcendantalisme, il entre en scène avec un essai, Nature, où il défend l'idée que la nature est un grand tout, plein et harmonieux, dans lequel le Soi devrait se fondre. Il entérine par là une vision nouvelle de la nature, vivant de son existence propre, sans l'homme - à charge pour celui-ci de la célébrer et de la respecter. Nature s'ouvre sur ces mots : « Pour s'isoler l'homme a autant besoin de se retirer de son cabinet que de la société. » Trente-quatre ans plus tard, Société et solitude revient sur cette dialectique entre la vie en commun et la vie solitaire, et le moyen d'articuler « La civilisation » et « Les clubs » avec « La chose rustique »... Un parcours, du premier au dernier essai d'Emerson, qui a façonné une autre manière de voir (et de vivre) la nature.   Présentation par Hicham-Stéphane Afeissa

  • Exploration de la beauté impérissable des derniers grands espaces sauvages américains, En descendant la rivière nous entraîne dans des paysages où le corps et l'esprit flottent librement. Et leur immensité réveille des méditations sur des sujets allant de la vie d'Henry David Thoreau à la militarisation des grands espaces. On y entend alors une condamnation passionnée des coups portés à notre patrimoine naturel au nom du progrès, du profit et de la sécurité. Rempli d'aubes enflammées, de rivières brillantes et de canyons radieux, ce recueil, inédit en France, est chargé d'une rage sincère et déchaînée contre la cupidité humaine.
    En descendant la rivière avec Edward Abbey, nous retrouvons l'auteur américain poète et provocateur à son meilleur, au moment où nous avons le plus besoin de lui.

  • Inventeur génial dès son plus jeune âge, amoureux de la nature, grand marcheur, il sillonna le monde à pied et fut le premier à percevoir les dangers de l'exploitation de la nature. John Muir aurait pu être millionnaire, il a choisi d'être vagabond. Il a inspiré Alexis Jenni (prix Goncourt 2011).
    " C'est l'homme le plus libre que j'ai jamais rencontré " disait de lui Theodore Roosevelt.
    Né en Écosse, débarqué à 10 ans aux États-Unis avec son frère et son père, installé dans la région des grands lacs, il travaille sans cesse dans les champs et lève parfois la tête pour regarder la nature environnante qui l'émerveille. Le soir il invente des objets mécaniques qu'il présente ensuite en ville comme, par exemple, cet appareil qui le sort automatiquement du lit à l'heure du lever.
    Très vite John Muir s'interroge sur le sens de cette vie de forçat, alors qu'il pourrait vivre en autonomie dans la nature. Il quitte le Wisconsin et sillonne les États-Unis à pied jusqu'en Californie. Dès lors, il parcourra le monde.
    Figure mythique aux États-Unis, créateur des parcs nationaux, John Muir posa clairement la question du sens de la vie dans la nouvelle société industrielle et industrieuse et il y a répondu, par son mode de vie.
    Prix Goncourt 2011 pour
    L'Art français de la guerre (Gallimard).
    Ce livre a reçu le prix du Livre Lumexplore 2020

  • L'explorateur, le médecin, l'aventurier des déserts blancs, célèbre la forêt dans un livre intime et rappelle combien il est essentiel pour l'homme de se rapprocher de la nature.
    Pôle Nord en solitaire, traversées du Groenland, de l'Antarctique en traîneau à chiens... Certes, Jean-Louis Étienne est l'homme des déserts blancs, mais ce voyageur au long cours, bricoleur et bâtisseur dans l'âme, est un amoureux de la forêt et du bois. Il a d'ailleurs installé son port d'attache dans une forêt de son Tarn natal, là où, tout jeune, il s'évadait, où il s'échappe encore pour retrouver la cabane qu'il y a construite.
    À l'instar du philosophe américain Henry-David Thoreau, l'un de ses inspirateurs, Jean-Louis Étienne est en quête d'alliances intimes avec la nature qu'il côtoie depuis son plus jeune âge. Elle est son champ d'observations, d'émotions, de découvertes, d'inspirations, son espace de liberté et d'apaisement.
    C'est ce qu'il nous raconte à partir d'anecdotes et de souvenirs d'enfance, mais c'est surtout le génie de l'arbre qui fascine l'auteur. Ces géants du règne végétal nous gratifient de leurs multiples potentiels : le gîte et le couvert de la biodiversité, les châteaux d'eau entre la terre et le ciel, pourvoyeurs d'oxygène et régulateurs du climat, ils sont les garants de la conservation des sols. Avec passion, et un don pour la pédagogie, l'auteur nourrit notre curiosité de questions inattendues. Pourquoi les racines plongent-elles vers le centre de la Terre ? Un arbre transpire-t-il ? Pourquoi les feuilles sont-elles vertes ? Qui est le véritable poumon de la Terre ? Il fait également état de recherches prometteuses en biomimétisme, comme la photosynthèse artificielle qui permettra de produire un " carburant solaire ", et expose des solutions pour demain, comme l'agroforesterie et la construction d'immeubles en bois pour séquestrer le carbone.
    Jean-Louis Étienne, homme de terrain et d'expériences, observateur attentif des équilibres minuscules et immenses qui régulent la marche du monde, nous dit avec conviction et réalisme qu'il existe un chemin pour une coévolution durable entre l'homme et la nature. Nous avons tous un rôle à jouer, à chacun de donner un sens à sa vie.

  • Altermondialistes, zadistes, environnementalistes, anarcho-primitivistes... Anarchie et écologie semblent partager de nombreux points communs. Une même aspiration à un monde meilleur, plus proche de la nature, respectant les espèces vivantes et les paysages, fait de communautés solidaires et tolérantes. Une même détestation d'un monde dominé par l'argent, les guerres et la soif du pouvoir.
    Pourtant, les choses sont loin d'être aussi simples qu'il n'y paraît. Elles sont parfois même antagoniques si l'on considère, comme Philippe Pelletier en fait l'hypothèse dans cet ouvrage, que la finalité de l'injonction au « tous écologistes » n'est autre que de faire évoluer le système actuel vers un capitalisme vert, bien éloigné de l'idéal anarchiste...

  • John Cage rencontre Marcel Duchamp en 1941. Trente après, il confie les souvenirs qu'il conserve de cet homme aussi simple qu'énigmatique. Et d'abord il salue en lui la beauté de son indifférence. En 1913, Duchamp a composé un Erratum musical de manière aléatoire. Raison pour laquelle John Cage le hisse en précurseur de ses propres recherches. Il rapporte aussi quelques anecdotes, et notamment la rare fois où Duchamp a perdu son sang-froid, lui d'ordinaire si magnanime : une mémorable partie d'échecs, que Cage aurait dû gagner mais qu'il a perdue, mettant Duchamp dans une colère noire. Le compositeur rend aussi compte avec sa simplicité coutumière des grandes problématiques soulevées par Marcel Duchamp, et notamment le rapport entre l'oeuvre et le spectateur, préoccupation partagée entre les deux hommes. Les deux oeuvres s'offrent d'ailleurs l'une l'autre dans un miroir inversé : Cage explique avec une grande clarté avoir voulu développer la dimension physique de l'écoute quand Duchamp voulait réduire cette dimension dans la peinture. Pédago­gique, drôle, émouvant, un témoignage inédit en français sur celui qui "prenait le fait de s'amuser très au sérieux".

  • "Si je ne suis pas moi, qui le sera ?" Henry David Thoreau (1817-1862) est né et mort à Concord, un village du Massachusetts. Fils d'un modeste artisan, il poursuivit ses études à Harvard, étudia le grec et le latin, et plutôt que de tenter une carrière, revint au foyer paternel. Ses premiers textes, écrits sous le parrainage d'Emerson et de Hawthorne, le situent dans la mouvance transcendantaliste. Passionné par les antiquités pré-colombiennes, le mysticisme contemplatif venu de l'Inde, s'insurgeant contre la puissance montante des financiers, opposé aux lois esclavagistes, pionnier de l'écologie et de l'anarchisme, il se disait "un homme avant d'être un Américain". Ses deux textes les plus célèbres sont Walden ou La Vie dans les bois, et La Désobéissance civile, pamphlet qui influença la désobéissance passive de Gandhi.

  • Le Garçon sauvage commence sur un hiver particulier : Paolo Cognetti, 30 ans, étouffe dans sa vie milanaise et ne parvient plus à écrire. Pour retrouver de l'air, il part vivre un été dans le Val d'Aoste. Là, il parcourt les sommets, suspendu entre l'enfance et l'âge adulte, renouant avec la liberté et l'inspiration. Il plonge au coeur de la vie sauvage qui peuple encore la montagne, découvre l'isolement des sommets, avant d'entamer sa désalpe, réconcilié avec l'existence. Néanmoins, ce séjour initiatique ne parvient pas à l'affranchir totalement du genre humain : « je pourrais me libérer de tout, sauf de la solitude. »

  • Henry David Thoreau (1817-1862), philosophe et poète américain du XIXe siècle, a orienté sa pensée sur des thèmes qui interpellent vivement notre monde contemporain. Attaché à la promotion de la liberté et de la création individuelle, critique de la vie sociale et de la pensée de masse, il n'en a pas moins été défenseur de causes opprimées, en théorie comme en action. Proche de la nature, il n'a cessé d'en affirmer les bénéfices pour l'homme, si on fait l'effort de mieux la connaître, de communier avec elle et de la respecter. Attentif à la richesse de la vie intérieure, il a cherché un équilibre entre sa réflexion personnelle, les échanges intellectuels avec sa communauté, l'importance de la vie pratique, en vue d'un éveil collectif et d'une éthique partagée. Autant d'éléments de méditation pour notre temps.

  • Depuis les cartes anciennes qu'il a consultées et copiées jusqu'aux nombreux plans de géomètre qu'il a dessinés en tant qu'arpenteur professionnel, les cartes abondent dans les archives et la documentation de Thoreau. L'arpenteur vagabond s'intéresse à ces documents longtemps négligés par la critique et au rôle que cette familiarité avec le geste cartographique a joué dans le travail de l'écrivain. Ce parcours de l'ensemble de son oeuvre montre que Thoreau, tout en mesurant parfaitement les limites et le biais idéologique de l'entreprise cartographique, y voyait aussi un outil irremplaçable de clarification et de mise au jour de phénomènes (humains et non humains) habituellement invisibles. Dans ses textes sur la nature comme dans ses essais plus explicitement politiques, la langue vagabonde et « extravagante » de Thoreau trouve ainsi dans les cartes un allié inattendu qui permet une redistribution polémique des spatialités et la mise en place d'un nouveau régime de visibilité.

  • Dans son essai La désobéissance civile (Civil Desobedience, 1849) Thoreau proclame son hostilité au gouvernement américain, qui tolère l'esclavagisme et mène une guerre de conquête au Mexique.
    Refusant de payer ses impôts, alors même qu'il est en désaccord avec la politique de l'état, il est arrêté et doit passer la nuit au poste. L'essai eut une grande influence sur le Mahatma Gandhi et sur Martin Luther King.
    Ce texte historique intéressera toute personne concernée par la politique et particulièrement par le débat qui a lieu en ce moment autour de la désobéissance civile.
    Les "faucheurs" de plants de maïs transgéniques, les associations qui, comme Droit au Logement (DAL), et jusqu'aux opposants à l'avortement, nombreux sont ceux pour qui la désobéissance à la loi devient une forme d'action politique.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Henry David Thoreau. Écrivain et philosophe, Henry David Thoreau (1817-1862), longtemps considéré comme un apôtre de la désobéissance civile en raison de son célèbre essai politique intitulé La Désobéissance civile (1849), est aujourd'hui reconnu comme l'un des plus grands auteurs américains du XIXe siècle. Vivant à Concord (Massachussets), paisible bourgade dont Ralph Waldo Emerson allait faire un centre culturel important, il devient très vite l'ami et le disciple du philosophe qui encourage sa vocation littéraire. Comme lui, il s'inscrit dans le courant de pensée qui porte le nom de "transcendantalisme" et qui se caractérise par une fusion spéculative de l'éthique et de la religion. Toutefois peu enclin à s'engager dans une profession, il se contente d'être le factotum d'Emerson tout en passant des journées entières à observer la nature. Le 4 juillet 1845, il s'installe au bord du petit lac de Walden, non loin de Concord. Il y passe deux ans et deux mois, dans une cabane qu'il a construite lui-même, se consacrant aux promenades, à l'observation, à la lecture et à l'écriture. Un livre naît de cette retraite, Walden, où la vie dans les bois, son chef-d'oeuvre publié après de nombreuses révisions en 1854. Il y consigne ses réflexions et ses observations, en philosophe, en naturaliste, en essayiste politique, en poète, voire en mystique. Walden, où la vie dans les bois reste aujourd'hui l'un des ouvrages de référence de la contre-culture et de la pensée libertaire et écologiste. Lorsqu'il meurt à l'âge de quarante-quatre ans, en 1862, Henry David Thoreau laisse une oeuvre à son image, multiple et inclassable, qui influencera entre autres le Mahatma Gandhi et Martin Luther King. Sa modernité ne cesse de s'imposer à notre temps.

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