Littérature générale

  • Notre identité est-elle soluble dans un lot de coton égyptien? À Jaffa, lorsque Avraham est tué dans le massacre des Juifs de la ville en 1936, son associé musulman, Ibrahim, décide en quelques heures de se faire passer pour lui afin de récupérer le précieux tissu. Il ne mesure pas alors le poids que cette tromperie aura sur sa femme Miriam. Mais aussi sur leur fille et les générations suivantes. D'Istanbul a? Djerba, de Bâle a? Miami, d'Ancône a? Rome, l'imbroglio identitaire se fera de plus en plus inextricable. Et ce seront Giuditta et Esther qui, de façon détournée, payeront leur tribut a? ces vies dérobées.
    Et vous, êtes-vous sûr de vos origines?

  • En 1963, l'auteur se rend en Chine, d'abord par jeu puis pour suivre des études. Il ignore tout de ce que le pays vient de traverser. Et heureusement, dit-il. Sans cela, il n'aurait pas persévéré dans cette voie. Ses entrevues avec Wen, jeune femme médecin dont il s'éprend, doivent demeurer furtives. Entretenir une relation avec un étranger ne va pas sans danger. Une seule possibilité s'offre à eux : le mariage. Or, pour cela, Wen doit obtenir l'autorisation de la direction de son hôpital, soit du responsable du Parti. Au-delà des obstacles auxquels se heurtent les deux amants, ce récit saisissant et authentique est aussi un roman d'apprentissage. L'auteur devine peu à peu une réalité sociale et politique censée rester cachée, tandis que sa compagne découvre le passé de sa propre famille.

    Reconnu comme un éminent sinologue, Jean François Billeter a su toucher un vaste public sans rien abandonner de sa rigueur et de son exigence intellectuelle. Les éditions Allia ont publié Chine trois fois muette, Leçons sur Tchouang-tseu, Études sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Notes sur Tchouang-tseu et la philosophie, Essai sur l'art chinois de l'écriture et ses fondements, Un paradigme, Lichtenberg et Trois essais sur la traduction, enfin Esquisses.

  • Le monstre médiéval apparait à travers l'oeuvre des peintres et graveurs de la fin du Moyen Âge comme une création très mystérieuse : notre époque, pour tenter d'en retrouver le sens, lui prête des intentions subversives, des origines pathologiques, une inspiration redevable aux hallucinogènes, etc. (toutes grilles qu'on a voulu appliquer à Jérôme Bosch, par exemple). Ces essais d'explication, pour la plupart, n'entrent pas réellement dans l'univers médiéval. Ce livre se propose de cerner le monstre, et la notion de monstre, par une exploration aussi respectueuse que possible des données propres au Moyen Âge : structures de l'univers, paysage de mentalités, pensée mystique et mythique. La tradition gréco-romaine (et son héritage oriental), la tradition des divins docteurs médiévaux s'entre-mêlent pour maintenir et enrichir l'existence des monstres. Le XVe siècle, dans une hantise accrue et aiguë du diabolique, engendre une nouvelle génération monstrueuse qui, cependant, coexiste avec les précédentes et entretient des rapports étroits avec elles. L'auteur chasse le monstre à travers des textes littéraires et para-littéraires (descriptions du monde et récits de voyage en particulier du XIIIe au XVe siècle, en vue de restituer le regard du passé sur ses propres créations, tout en s'accordant la liberté d'user des ressources du XXe siècle pour jeter des ponts entre cette époque et la nôtre. Une iconographie abondante et en grande partie inédite illustre le propos.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • - Il s'agit de faire rentrer en France un homme qui vit à l'étranger. Un homme âgé, malade. Je prends l'air le plus stupide. Nous voilà au fait. - Il ne peut pas prendre l'avion ? - Non. Les autorités locales s'opposent à son départ. Quant aux autorités françaises, elles sont impuissantes à lui faire délivrer le visa indispensable. Ceci pour vous dire qu'il ne s'agit nullement d'un acte antifrançais. Vous ne serez pas seul pour remplir cette... cette mission. Il y aura, bien entendu, quelques risques. Mais aussi deux millions pour vous. Vous disposerez d'un passeport régulier et d'argent. A vous de réfléchir.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Une étude sur l'un des fondateurs du surréalisme, de la permanence du mouvement dans son oeuvre marqué également par le communisme

  • Joseph Balsamo, comte de Cagliostro, est certainement le mage et guérisseur du XVIIIe siècle qui a laissé en Europe, et particulièrement à Strasbourg, l'empreinte la plus troublante et la plus controversée qui soit. Durant trois années, de 1780 à 1783, il a régné sur la capitale alsacienne dans l'engouement des puissants et du peuple, et soigné gratuitement des milliers de malades. Jean Georges Samacoïtz imagine avoir retrouvé le journal intime relatant l'épisode strasbourgeois. Il nous livre les plausibles confidences du fabuleux médicastre. Ce texte posthume né de la fiction et du réel permet-il de dénouer le mystère qui nimbe toujours le génial aventurier, sans doute détenteur de dons extrêmes ? Visionnaire, thérapeute, maître alchimiste, illuministe ou charlatan ? C'est Cagliostro lui-même, auquel cet ouvrage prête voix, qui se révèle...

  • Naguère encore - avant la télévision et les mille mécaniques tueuses de la vie sociale - les villages d'Alsace veillaient, le soir tombé, en été devant les portes ouvertes sur la lourde chaleur de la plaine, l'hiver autour du grand poêle de faïence. Et les récits des anciens allaient bon train, d'un jadis déformé sans doute par la séculaire transmission orale ; mais vivant toujours comme si les événements ne dataient que d'hier. « In da àlta Zitta, s'esch àber lang har... ». Ainsi de la guerre des Rustauds, un jour longuement racontée. Dans la nuit des temps... Avant la guerre de Trente Ans et les ravages des Suédois... Terrible ! Des pendus en grappes tout le long des arbres de la route. Des paysans morts, en pile dans une fosse... Aujourd'hui encore le souvenir en demeure : il y a un lieu-dit dans la campagne, pas très loin, qu'on appelle « D Y Kuttelgràba » « La fosse aux tripes ». Bien plus tard, la mémoire du récit restée vivace, il vint à l'auteur l'envie d'évoquer, de faire revivre, de donner corps et âmes à tant d'anonymes oubliés, de reconstituer, autour d'une trame d'épisodes réels, et l'imagination aidant, ce qui fut l'une des pages les plus tragiques d'une Alsace tant de fois tragiquement secouée.

  • Assassinat sordide, à Kiev. Celui d'un ancien dissident ukrainien que son passé, curieusement, n'a pas empêché d'être interprète au Kremlin. Un couple en fuite, « chargé de mission » par un grand Parti, retraverse toute l'Ukraine en sens inverse, trois enveloppes explosives et 200 000 dollars dans un sac de voyage. Un Noir nigérian, une Suissesse. La peur au ventre. De l'Unesco aux abominables « squats » de Brême, la lutte pour les retrouver sera dramatique.

  • Je frappe. Rien ne bouge. Je recommence, en insistant. Pas de réaction. Je jette un coup d'oeil : personne en vue. Alors je me penche vers le trou de la serrure. La clé n'est pas en place. Il ne fait pas très clair dans la piaule. Pourtant, j'ai l'impression qu'il y règne une certaine pagaille. Divers objets traînent sur la moquette. Soudain mon attention se fixe sur une tache claire. Je me rends compte qu'il s'agit d'un pied nu sortant d'une jambe de pantalon que l'on distingue mal. Comme si quelqu'un était couché par terre, le reste du corps en dehors de mon champ de vision. Du coup, je sors mon trousseau. Il comporte quelques passe-partout assez pratiques. Au second essai, la porte s'ouvre. J'éclaire. On ne risque plus de déranger Scoop. Étant donné qu'il a la gorge tranchée.

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