Littérature générale

  • Un roman tellurique, où les histoires semblent surgir organiquement le long d'une ligne de faille qui fait trembler la terre et tout ce qu'elle contient de l'océan Indien à l'Himalaya.
    Peut-être le premier roman où la nature s'exprime directement.

    Deux jeunes mariés s'installent dans une ancienne demeure coloniale, sur les îles Andaman, et tentent de s'apprivoiser. Ils savent qu'ils se sont déjà aimés dans d'autres vies. Girija Prasad est un scientifique fasciné par les volcans lilliputiens et les phénomènes naturels de l'archipel. Chanda Devi est un peu sorcière ; elle sait amadouer les éléphants en colère, prévoir les tremblements de terre et parler aux fantômes qui peuplent les îles (soldats japonais, lord anglais, mangeurs d'escargots, une chèvre bêlante).
    /> Plusieurs personnages plus loin (un jeune révolutionnaire, un trafiquant désabusé, un yéti mélancolique, une tortue, une strip-teaseuse...), on retrouve leur descendant le long de la ligne de faille sismique : un géologue chargé de s'assurer que le prochain sommet himalayen, prévu pour être plus haut que l'Everest, surgira bien dans le cadre des frontières de l'Inde, pour encourager le tourisme. Premier roman au souffle incroyable, Latitudes de langueurs surprend par sa puissance narrative, à la hauteur des tsunamis qu'il contient.
    Shubhangi Swarup est née en 1982 à Nashik, dans l'État du Marahashtra. Journaliste, réalisatrice, pédagogue, elle vit aujourd'hui à Bombay. Latitudes des langueurs est son premier roman. Elle a obtenu la bourse d'écriture créative Charles Pick à l'Université d'East Anglia (Norwich).
    "Quelle maîtrise dans ce premier roman de Shubhangi Swarup, Dérive des âmes et des continents qui a déjà reçu le prix Tata Literature Live et été sélectionné pour le JCB Prize for Literature !" - Zibeline

  • Les malédictions ont la vie dure. Depuis que Kintu, gouverneur d'une lointaine province du royaume du Buganda, a tué accidentellement son fils adoptif d'une malheureuse gifle, en 1750, un sort est lancé sur tous ses descendants, les vouant à la folie, à la mort violente, au suicide.
    Et en effet, trois siècles plus tard, les descendants de Kintu semblent abonnés au tragique : Suubi harcelée par sa soeur jumelle qu'elle n'a jamais connue, Kanani, le " réveillé " évangéliste, fanatique mais lubrique, Isaac Newton, torturé par l'idée d'avoir transmis le sida à sa femme et à son fils. Et enfin, Miisi, le patriarche, l'intellectuel éduqué à l'étranger, harcelé par des visions et des rêves où s'invitent l'enfance, les esprits, l'histoire du clan et de la nation toute entière.

    Un par un, ils sont appelés par les anciens du clan, dans une forêt aux confins de l'Ouganda, dans une ultime tentative de conjurer le sort.

    Mêlant les époques, les lieux, les ambiances avec une force narrative proprement époustouflante, manoeuvrant avec souplesse et humour dans les méandres de l'histoire, du mythe, des légendes populaires, déployant un incroyable casting de personnages, tous liés par le sang, tous condamnés, Kintu est un premier roman magistral, foisonnant, inattendu ; un répertoire shakespearien des turpitudes humaines tout autant qu'une formidable plongée dans un pays méconnu.
    Dans une langue magnifique, sans céder un millimètre aux bons sentiments, Jennifer Nansubuga Makumbi dresse une épopée terriblement contemporaine, aussi puissante, profonde et impitoyable qu'un fleuve. Et fait une entrée fracassante dans la littérature universelle.
    Jennifer Nansubuga Makumbi est née à Kampala. Elle a étudié e enseigné la littérature anglaise en Ouganda, avant de poursuivre ses études en Grande-Bretagne, à Manchester, où elle vit aujourd'hui.
    Son premier roman, Kintu, lauréat du Kwani.
    Manuscript Project en 2013, sélectionné pour le prix Etisalat en 2014, a reçu un accueil critique et public extraordinaire, aussi bien en Afrique qu'aux États-Unis ou en Grande-Bretagne, qui lui a valu d'être comparée à Chinua Achebe et considérée comme un "classique" instantané.
    Elle a remporté le Commonwealth Short Story Prize en 2014 et le prix Windham Campbell en 2018.

  • Sarah Thornhill est la fille cadette de William Thornhill, ancien bagnard devenu propriétaire terrien le long du fleuve Hawkesbury, des terres hantées par le souvenir de leurs anciens occupants aborigènes méprisés et massacrés. William s'est remarié avec

  • Dantala vit dans la rue avec les voyous de Bayan Layi, fume la wee-wee sous le baobab, fait le coup de poing pour le Petit Parti. Souvent, les bagarres tournent mal mais, comme on dit, tout ce qui arrive est la volonté d'Allah. Un soir d'émeutes, pris en chasse par la police, il doit s'enfuir.
    Sans famille, il trouve refuge à Sokoto auprès d'un imam salafiste. Il apprend l'anglais avec son ami Jibril, tombe amoureux, psalmodie l'appel à la prière, lit tout ce qu'il peut.
    Le gamin naïf mais curieux découvre l'étendue de ses contradictions et la liberté de la pensée, et gagne sa place et son nom dans un monde chaotique et violent.
    Alors que les tensions entre communautés ne cessent de croître, un imam irascible fait sécession et part à la campagne fonder une secte extrémiste.
    Loin de l'exotisme et du tiers-mondisme bien-pensant, Elnathan John nous emmène dans une région dont on ignore presque tout : harmattan, poussière des routes, vendeurs de koko, et le goût du dernier morceau de canne à sucre - le meilleur. On brandit des machettes, on assiste à des matchs de lutte, on prend toutes sortes de transports, on marche, on court, on aime, on est Dantala de bout en bout, passionnément.

    Un formidable roman d'apprentissage, sensible et poignant, dont on sort complètement retourné.

  • Un jour écrasant de la saison sèche, un homme vêtu d'un costume trois pièces descend d'un bus dans la grand-rue de la ville frontalière de Wologizi. L'étranger, William Soko Mawolo, arrive de Monrovia pour mener une enquête secrète sur la disparition du chef coutumier.Dès la première nuit, il est harcelé par des bruits infernaux et inexplicables qu'il semble être le seul à entendre. Il est dérouté par l'attitude des gens de Wologizi qui l'aident et l'égarent à la fois : le vieux Kapu, le nouveau chef, ses femmes, en particulier la plus autoritaire Hawah Lombeh qui se glisse dans son lit, le caporal Gamla, chef de la police, ou Seleh le menuisier, amant de Makemeh la belle et insaisissable fille du chef disparu, qui l'attire et le repousse.Mawolo enquête difficilement dans une atmosphère étouffante, découvrant l'usage du pouvoir dans un pays corrompu, ainsi que les interactions entre le visible et l'invisible dans une société rythmée par les mystères de l'initiation. Plus il s'approche de la vérité, plus le monde devient inquiétant, plus il se sent en danger.

  • Nathan Lucius est un jeune homme ordinaire. Il dort avec la lumière allumée. Il collectionne les vieilles photos anonymes. Il vend des encarts publicitaires dans un journal. Il s'entend plutôt bien avec sa chef. Parfois ils vont boire des bières. Il a une amie plus âgée, Madge, une antiquaire un peu fantasque. Il aime que chaque jour ressemble exactement à la veille. Il déteste les souvenirs. Un type banal. Un jour, Madge lui demande de l'aider à en finir. Elle a un cancer, elle n'en a plus pour longtemps, elle souffre trop. Parfois, il ne se souvient plus de rien. Il est un peu confus. Il est des gouffres dont il vaut mieux éviter de s'approcher. Scénario implacable écrit au cordeau, drôle, glaçant, fascinant, cette première traduction en français de Mark Winkler est un tour de force vertigineux dont on se gardera de livrer le secret : on ne plonge pas impunément dans l'esprit d'un type comme Nathan Lucius.

  • Daniel Rooke était un enfant exceptionnellement doué. Malgré son origine modeste, l´Astronome royal, qui a repéré en lui un esprit hors norme, l´a envoyé en expédition scientifique en Australie pour étudier le retour d´une comète qui ne sera visible que de l´hémisphère Sud. Il est parti vers la Nouvelle-Galles du Sud en compagnie de prisonniers anglais condamnés à vivre dans une colonie pénitentiaire.
    Le lieutenant s´installe donc à l´écart du camp pour y mener ses observations. Il prend petit à petit conscience de la présence des aborigènes, qui apparaissent et disparaissent, l´observent de loin ou pénètrent dans sa cabane par curiosité. Il se lie d´amitié avec un groupe d´enfants, en particulier une jeune fille, en qui il reconnaît sa propre soif de connaissance et dont il tombe amoureux.
    Elle lui apprend à parler sa langue. Il découvre la nature immense, la solitude, la culture australienne, il découvre avec exaltation qu´il peut employer sa grande intelligence à la constitution de la connaissance de la langue de ce pays inconnu, jusqu´au jour où on exige qu´il prenne parti dans un conflit sanglant.

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