Langue française

  • 'Mon manager, Bradley Stevenson, qui au cours des années a été un ami précieux à sa manière, soutient que j'ai en moi l'étoffe d'un vrai pro. Pas seulement comme musicien de studio, mais comme vedette de première division. Il est faux que les saxophonistes ne deviennent plus des vedettes, affirme-t-il, et il répète sa liste de noms. Marcus Lightfoot. Silvio Tarrentini. Ce sont tous des musiciens de jazz, fais-je remarquer. C'est bien ce que tu es, non? réplique-t-il. Mais je ne le suis encore que dans mes rêves les plus secrets. Dans le monde réel - quand je n'ai pas le visage entièrement enveloppé de pansements comme en ce moment - je suis juste un ténor payé à la journée, raisonnablement sollicité pour l'enregistrement en studio, ou lorsqu'un groupe a perdu son saxo habituel. S'ils veulent de la pop, je joue de la pop. R&B? Parfait. Publicités pour des voitures, thème musical d'un talk show, j'accepte. Ces temps-ci je suis un musicien de jazz seulement quand je suis enfermé dans mon réduit.'

    Dans ces deux nouvelles construites en écho, se croisent et se répondent, de Venise à Beverly Hills, quelques magnifiques figures de musiciens désenchantés.

  • "Gisaburo, dit-il, après un long silence, n'a pas eu la vie drôle. Son talent a complètement périclité. Ceux qu'il aimait sont morts depuis longtemps ou l'ont abandonné. Même du temps de notre jeunesse, c'était déjà un type triste, solitaire." Mori-san marqua une pause. "Mais parfois, nous buvions et nous nous amusions avec les femmes des quartiers de plaisir. C'est ce que les gens appellent le monde flottant : c'était un monde, Ono, dont Gisaburo connaissait toute la valeur." Le peintre Masugi Ono, vieux maître de l'art officiel nippon, songe à sa jeunesse bohème et se remémore ce "monde flottant" qu'il a tant fréquenté. Confronté à l'émergence d'une nouvelle société ouverte à l'Occident, il interroge son passé et tente de donner un sens à sa vie dans le Japon de l'après-guerre. Évocation d'une vie et d'un monde révolus, réflexion toute en nuances sur la finalité de l'oeuvre d'art, Un artiste du monde flottant est un livre envoûtant.

  • Après le suicide de sa fille aînée, Etsuko, une Japonaise installée en Angleterre, se replonge dans les souvenirs de sa vie. Keiko, née d'un premier mariage au Japon, ne s'est jamais acclimatée à l'Angleterre, et surtout elle n'accepta pas le remariage de sa mère avec un homme qu'elle considéra toute sa vie comme un parfait étranger. Mais peut-être l'explication du drame demeure-t-elle enfouie dans le Japon de l'après-guerre, à Nagasaki, ville martyre qui se relevait des plaies de la guerre et du traumatisme de la bombe, durant cet étrange été où, alors qu'elle attendait la naissance de Keiko, Etsuko se lia d'amitié avec la plus solitaire de ses voisines, Sachiko, une jeune veuve qui élevait sa fille, la petite Mariko...

    Premier roman de Kazuo Ishiguro, Lumière pâle sur les collines est de ces livres dont on ne sort pas indemne. Écrit dans un style dépouillé, limpide, tout en demi-teintes et en non-dits, reflet d'un passé mystérieux, il possède un rare pouvoir d'envoûtement.

  • L'Académie suédoise a décerné le prix Nobel de littérature jeudi 5 octobre à l'écrivain Kazuo Ishiguro. Selon le jury, l'écrivain britannique d'origine japonaise "a révélé l'abîme sous notre illusoire sentiment de confort dans le monde". Kazuo Ishiguro a prononcé son discours de remerciement le jeudi 7 décembre.
    Dans Ma soirée du XXe siècle et autres petites incursions, Kazuo Ishiguro revient avec malice et une certaine dose d'autodérision sur les étapes de son parcours d'écrivain, notamment sur un certain soir où il s'est senti poussé à écrire son premier roman, se déroulant au Japon. Il dévoile ses sources d'inspiration - littéraires, musicales et cinématographiques - qui l'ont poussé à changer sa façon d'écrire pour tenter de faire mieux. Il explore également la relation qu'il entretient avec le pays dans lequel il a vu le jour et avec l'Angleterre, son pays d'adoption. Mais surtout, il milite pour un ralliement général à la lecture, dont l'importance à travers le monde est pour lui capitale. Un texte autobiographique plein de finesse qui ravira les lecteurs d'Ishiguro et poussera ceux qui ne le connaissent pas encore à se plonger dans la lecture de son oeuvre.

  • o Motivation It is our dream to understand the principles of animals' remarkable ability for adaptive motion and to transfer such abilities to a robot. Up to now, mechanisms for generation and control of stereotyped motions and adaptive motions in well-known simple environments have been formulated to some extentandsuccessfullyappliedtorobots.However,principlesofadaptationto variousenvironmentshavenotyetbeenclari?ed,andautonomousadaptation remains unsolved as a seriously di?cult problem in robotics. Apparently, the ability of animals and robots to adapt in a real world cannot be explained or realized by one single function in a control system and mechanism. That is, adaptation in motion is induced at every level from thecentralnervoussystemtothemusculoskeletalsystem.Thus,weorganized the International Symposium on Adaptive Motion in Animals and Machines(AMAM)forscientistsandengineersconcernedwithadaptation onvariouslevelstobebroughttogethertodiscussprinciplesateachleveland to investigate principles governing total systems. o History AMAM started in Montreal (Canada) in August 2000. It was organized by H. Kimura (Japan), H. Witte (Germany), G. Taga (Japan), and K. Osuka (Japan), who had agreed that having a small symposium on motion control, with people from several ?elds coming together to discuss speci?c issues, was worthwhile. Those four organizing committee members determined the scope of AMAM as follows.

  • Since the late 1990s unreliable narration has garnered popularity in narrative theory and has sparked a lively debate among scholars. This book traces the theoretical discussions surrounding narrative unreliability and examines the relationship of unreliable narration to antimimetic techniques of portraying self-deception. Standing on the border between classical and postclassical narratology, the study analyses Kazuo Ishiguro's and Max Frisch's innovative narrative strategies, offering new perspectives on their oeuvre and on unreliable narration as a narratological concept. A comparison of the methods Ishiguro and Frisch employ to explore the psychology of their narrators reveals a fascinating parallel in their development as novelists.

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